Archive for Pierre Bellemare

Walt Disney et l’illusion du vivant

Au risque de surprendre quelques esprits chagrins à l’esprit étroit, être passionné par la production animée nippone n’a jamais été incompatible avec le respect et l’admiration que chaque passionné de dessins animés se doit d’avoir pour les productions Disney. S’il est inutile et complètement hasardeux de comparer les productions animées japonaises et disneyiennes, toutes deux très différentes dans leur approche culturelle, leur substance narrative et leurs objectifs artistiques et commerciaux, il n’en reste pas moins que les long-métrages de tonton Walt font toujours office - près de 70 ans après Blanche-Neige - de mètre-étalon pour tout film d’animation, quelle que soit son origine.

Si la production Disney est fait de hauts et de bas depuis le renouveau de la “Petite Sirène” en 1989 (le sommet étant essentiellement incarné par les superbes productions 3D du studio Pixar), et si le manque d’originalité est souvent flagrant depuis lors - on pense aux “inspirations” plutôt flagrantes du “Roi Léo” de Osamu Tezuka pour “Le Roi Lion” ou encore de “Nadia et le secret de l’eau bleue” du studio Gainax pour “Atlantide : l’empire perdu” - il Frank Thomas en plein travail sur n’en reste pas moins que le savoir-faire et l’autorité du studio de Mickey demeurent inégalés. Les films de l’ “âge d’or” n’ont pas pris la moindre ride et n’ont, à mon sens, toujours pas trouvé à ce jour d’adversaire à leur véritable mesure. Et ce malgré le talent infini de tous les Miyazaki, Takahata ou Lasseter de ce monde. C’est dire le statut de ces chef d’oeuvres absolus et intemporels.

La raison de ce succès ? Le talent de conteur hors pair de Walt Disney, sa vision révolutionnaire de l’animation et sa faculté extraordinaire à s’entourer de personnes plus subtiles et compétentes que lui et en tirer le maximum. Dès l’époque des “Silly Symphonies”, Disney embauche et forme un nombre incalculable d’animateurs (comme le célèbre et défunt Frank Thomas, en photo ci-dessus, à l’oeuvre sur “Robin des Bois” en 1973), dont certains formeront sa garde rapprochée pendant plus de trente ans au moins… Des animateurs aguérris, qui franchiront tous les obstacles (le perfectionnisme extrême et l’insatisfaction chrnoique de Disney étant peut-être les plus effayants !) et finiront par s’imposer au studio… et constitueront finalement le collectif d’animateurs qui s’attaquera au début des années 30 au monument du cinéma qu’était “Blanche Neige et les Sept Nains”, premier long-métrage d’animation de l’histoire !

Parmi eux, citons les mythiques Fred Moore (spécialiste de Mickey, qu’il avait notamment animé dans le segment “L’apprenti sorcier” de “Fantasia”), Art Babbitt (créateur de Goofy/Dingo, il anima également “Les trois petits cochons”, la Reine dans “Blanche Neige” et Gepetto dans “Pinocchio”), Norman Ferguson (le spécialiste de Pluto dès sa création), Joe Grant (co-scénariste de “Dumbo” et “La Belle et le Clochard”, il travailla notamment sur “Blanche Neige”, “Pinocchio”, Fantasia”, “La Belle et la Bête”, “Aladdin”, “Le Roi Lion”, “Pocahontas”, et “Mulan”), Dave Hand(réalisateur de “Blanche-Neige” et “Bambi”), Hamilton Luske (co-réalisateur de “Pinocchio”, “Fantasia”, “Saludos Amigos”, “Cendrillon”, “Alice au Pays des Merveilles”, “Peter Pan”, “La Belle et le Clochard” et “Les 101 dalmatiens”, il fut aussi directeur de l’animation sur “Mary Poppins”), Bill Tytla (animateur de Grincheux dans “Blanche Neige”, Stromboli dans “Pinocchio”, Yan Sid dans “Fantasia”, Dumbo dans le film éponyme… Tytla est encore considéré comme l’un des plus grands animateurs de personnages de l’histoire !), Les Clark, Milt Kahl, Ward Kimball, Eric Larson, Wolfgang Reitherman, Frank Thomas, Ollie Johnston, Marc Davis et John Lounsbery. Les 9 derniers de cette liste deviendront bientôt les fameux “Nine Old Men” de Walt Disney (Référence à Franklin D. Roosevelt qui surnommait ainsi les 9 juges de la Cour Suprême)… Les 9 animateurs les plus loyaux et les plus talentueux, qui oeuvreront ensemble sur tous les long-métrage du studio jusqu’à “Bernard et Bianca” (”The Rescuers”, 1977). Petite présentation rapide des 9 animateurs les plus mythiques de l’histoire de l’animation.

LES “NINE OLD MEN”

Les Nine Old Men, à l'époque de

* Les Clark (1907 - 1979). Intègre les studios Disney en 1927. Sa spécialité était Mickey, qu’il fut le seul parmi les Nine Old Men à animer depuis les débuts du personnage sur “Steamboat Willie”. Il anima de nombreuses scènes magnifiques dans “Pinocchio”, “Dumbo”, “Les 101 Dalmatiens”, “Cendrillon”, “Alice au Pays des Merveilles” et “Peter Pan” jusqu’à “La Belle et le Clochard”. Après quoi il passa à la réalisation de téléfilms et autres courts métrages pour Walt Disney. Il finit par prendre sa retraite des studios en 1976.

* Ollie Johnston (1912 - ) rejoint Disney en 1935 et travaille d’abord en tant qu’assistant animateur sur “Blanche Neige”. Ses travaux les plus célèbres sont sans doute ses animations de Monsieur Mouche dans “Peter Pan”, les belles soeurs dans “Cendrillon”, le Prince Jean dans “Robin des Bois”, mais il oeuvra également sur “Fantasia”, “La Belle et le Clochard”, “Alice au pays des Merveilles” et “La Belle au Bois Dormant”. Après 43 ans de bons et loyaux services aux Studios Disney, il prend sa retraite en 1978 et se consacra notamment à l’écriture. Il co-écrit ainsi avec son ami et collègue Frank Thomas “The Illusion of Life - Disney Animation”, publié en 1981 et salué dans le monde entier comme étant le meilleur livre jamais écrit sur l’animation. Johnston est le dernier des “Nine Old Men” encore en vie !

* Frank Thomas (1912 - 2004) est engagé par Disney en 1934. Ses travaux les plus connus sont l’animation de la belle mère dans “Cendrillon”, la Reine de Coeur dans “Alice au Pays des Merveilles”, le Capitaine Crochet dans “Peter Pan” ou encore la fameuse scène du baiser-spaghetti dans “La Belle et le Clochard”. Il oeuvra aussi notamment avec succès sur “Pinocchio”, “Le Livre de la Jungle”, “Les 101 Dalmatiens” et bon nombre de courts métrages. Il se retire en 1978 après 45 ans de carrière. Il coécrit avec son meilleur ami Ollie Johnson le livre de référence “Disney annimation - The Illusion of Life”. les deux hommes firent l’objet d’un très beau documentaire intitulé “Frank and Ollie”, réalisé par Théodore Thomas (le fils de Frank).

* Wolfgang “Woolie” Reitherman (1909 - 1985) rejoint le studio en 1935 comme animateur et réalisateur. A son actif, on peut trouver notamment ses animations pour le crocodile de “Peter Pan”, le dragon de “La Belle au Bois dormant” et la séquence de lutte entre Clochard et 3 molosses, et Clochard et le rat dans “La Belle et le Clochard”. Reitherman était le spécialiste des scènes d’actions. Disney estimait qu’il était le seul à pouvoir les animer avec suffisemment de réalisme. Le jour suivant la mort de Disney, Reitherman dira “A partir d’aujourd’hui, ce ne sera plus comme avant. Ce sera tel que nous nous en souviendrons”. Doté d’un caractère de leader et d’une solide expérience il s’impose comme vrai patron des studios, commandant aux scénaristes, aux animateurs et intervallistes, présidant d’aussi célèbres qu’interminables réunion de projet ! Il s’occupe très logiquement de la réalisation de tous les long-métrage animés des studios Disney suivant la mort de Walt, jusqu’à sa retraite en 1977, après avoir terminé “Bernard et Bianca”… et 50 ans d’une riche carrière.

Milt Kahl mimant un personnage de * Milt Kahl (1909 - 1987) débute en 1934 au début de la production de “Blanche Neige”. Il est réputé pour être l’un des meilleurs animateurs ayant jamais travaillé pour les studios Disney. C’est pour cela que Walt lui confia souvent les tâches les plus difficiles, et qu’il fut admiré par de nombreux animateurs du studio. On retrouve sa patte dans des personnages qu’il a animé avec brio, tels que Pinocchio, Peter Pan, Alice, le Prince dans “La belle au bois dormant”, Shere Khan dans “Le Livre de la Jungle”, Edgard dans “Les Aristochats”, le Shérif de Nottingham dans “Robin des Bois” ou Medusa dans “Bernard et Bianca”. Kahl prend sa retraite en 1976 après 42 années passées au service de Walt Disney. (cfr photo ci-dessus. Kahl à l’oeuvre sur le personnage de Kay, fils d’Hector dans “Merlin l’enchanteur” en 1963)

* John Lounsbery (1911 - 1976) débute en 1935 sous la houlette de Norman Ferguson avant de devenir l’un des animateurs les plus en vue du studio. Affectueusement surnommé “Louns” par ses collègues animateurs, il était doté d’une force de travail impressionnante qui lui valut l’admiration et le respect de tous durant de longues années. Lounsbery anima notamment Ben Ali Gator dans “Fantasia”, Grand Coquin dans “Pinocchio”, Timothée dans “Dumbo”, le père dans “Peter Pan”, Tony, Joe et certains chiens dans “La Belle et le Clochard”, le Roi dans “La Belle au bois dormant”, les éléphants dans “Le Livre de la Jungle”… Avant de passer directeur de l’animation en s’occupant notamment de “Alice au Pays des Merveilles”. Dans les années 70, il est promu réalisateur et co-dirige “Winnie l’ourson et le Tigre fou” ainsi que “Bernard et Bianca”, son ultime long-métrage qu’il ne vit pas entièrement achevé.

* Eric Larson (1905 - 1988) est engagé au studio en 1933 et devient rapidement l’un de ses meilleurs animateurs, dirigeant des personnages marquants tels que Peg dans “La Belle et le Clochard”, les vautours dans “Le Livre de la Jungle”, la scène du vol de Peter Pan de Londres à Neverland ou encore Bibi Lapin, Basile et Boniface. Ayant fait preuve de ses talents à enseigner et former les nouveaux talents, Larson s’est vu confier la tâche de repérer et former les nouveaux animateurs de Disney au début des années 70. Beaucoup des grands animateurs actuels du studio ont été formés par Larson dans les années 70 et 80, jusqu’à sa retraite en 1986.

* Ward Kimball (1914 - 2002) rejoint les studios Disney en 1934. Ce bon vivant farceur fut notamment responsable de l’animation de Jiminy Cricket dans “Pinocchio”, Lucifer, Jaq et Gus dans “Cendrillon”, Le Chapelier fou, le Chat du Cheshire ainsi que Tweedledee et Tweedledum dans “Alice au Pays des Merveilles”. Son travail était en général plus délirant que celui de ses collègues. Il prit sa retraite des studios Disney en 1972.

* Marc Davis (1913 - 2000) débute en 1935 sur “Blanche Neige” et se chargea plus tard de la création graphique et de l’animation de Bambi, Pan-Pan, Cendrillon, Clochette dans “Peter Pan”, Maléfique, son corbeau et Aurore dans “La Belle au Bois Dormant”, Cruelle dans “Les 101 Dalmatiens”. Parallèlement à l’animation, il était également responsable du design des personnages de nombreuses attractions majeures de Disneyland dont Pirates des caraïbes et Le Manoir Hanté. Il prit officiellement sa retraite en 1978, mais demeura actif dans le développement d’attractions pour EPCOT et Tokyo Disneyland.

Au moment de la sortie de “Robin des Bois”, il ne restait plus que quatre des “Nine Old men” encore en activité à Disney. Il s’agissait de Milt Kahl, John Lounsbery, Frank Thomas et Ollie Johnston. Nous pourrions y ajouter Eric Larson, mais ce dernier s’occupait uniquement du repérage et de la formation des jeunes talents.

DISNEY ANIMATION : THE ILLUSION OF LIFE

Pour ceux qui désireraient approfondir la question et en savoir plus sur les méthodes et autres techniques d’animation des studios Disney, je ne puis que vous conseiller l’achat du livre suivant. Considérez le comme étant l’un de mes plus gros coups de coeur personnel, tant est que cela ait une quelconque valeur pour vous. :-p

The Illusion of Life

Publié en 1981, ce livre acclamé par la critique et la public a été écrit par deux des mythiques “Nine OldMen” - Ollie Johnston et Frank Thomas (voir petite présentation des “Nine Old Men” plus haut dans cet article) - et est encore largement considéré à juste titre comme l’un des tous meilleurs livres jamais écrits sur l’animation (le meilleur ?). Totalisant 576 pages, la version mise à jour de 1995 porte le titre inversé de “The Illusion of Life: Disney Animation” et propose 489 planches en couleurs et plus d’un millier d’illustrations en noir et blanc… Des croquis aux layouts, en passant par des fragments de storyboard jusqu’à certaines séquences d’animation intégrales ! Cet ouvrage luxueux et massif nous donne un apperçu des travaux des meilleurs animateurs des studios Disney durant l’âge d’or de l’animation, dont les fameux “Nine old Men”, afin de transmettre au lecteur toutes les recettes d’une animation de qualité et le secret de la qualité éternelle des long-métrages animés estampillés “Disney”. Une véritable somme, condensé d’un savoir que nous ne devons pas perdre !

Livre complètement indispensable (et je pèse mes mots !) à toute bibliothèque d’amateur d’oeuvres animées qui se respecte, il est fréquemment utilisé comme source de référence par les professionnels de l’animation ainsi que par les étudiants. Les animateurs le désignent d’ailleurs souvent par l’adjectif de “Bible” ! Un terme non usurpé, véritable hommage de deux géants à l’époque dorée d’un art qu’ils ont contribués à élever au-delà de toute espérance. Vous pourrez vous le procurer ici à un prix plus qu’avantageux (sachant qu’on ne le trouve pas neuf dans les boutiques parisiennes à moins de 80 euros), moyennant deux semaines et demi d’attente.

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Le péché originel

Le premier qui déchiffrera ce mot d’esprit faisant office de titre et qui se fera connaître via les commentaires aura droit à toute ma considération distinguée ! :p

Bon eh bien me voilà en vacances, chers lecteurs ! Une petite semaine et demie de repos, avec un retour au bureau programmé pour le 16 août. D’ici là, beaucoup d’heures de sommeil à rattraper et une motivation à retrouver. A l’heure où je vous écris ce post indispensable à votre insatiable curiosité, je me trouve donc en Belgique. Ceux d’entre-vous qui me connaissent s’écrieront sans doute “Mais comment cela se fait-il ? Ses parents n’ont plus internet depuis deux ans !!”. Pour répondre à cette remarque aussi pertinente que déplacée (mêlez vous de vous oignons, après tout !), j’en vient donc au sujet principal du présent billet.

Le MacBook Pro !

Ca y est, j’ai cédé. Ca faisait des mois que ça me titillait le bulbe. Je me suis fait plaisir. Je me suis procuré un sublimissime MacBook Pro !
Cela faisait longtemps que je souhaitais me mettre vraiment au Mac, pour y avoir pris goût lors des quelques mois passés à travailler sur un vieil IMac à Brignoles il y a près de deux ans. Bien que le côté prétentieux assumé et la marginalité d’Apple m’aient souvent énervés - tout comme la suffisance des Mac-fans qui prétendent encore avoir plus de goût et plus d’intelligence que les mécréants qui achètent PC - j’avoue que le fonctionnement, la souplesse, la puissance et la beauté des produits réalisés par l’entreprise de Cupertino m’ont toujours bluffés. Donc, bien que n’étant pas spécialement anti-PC ni spécialement fanatique de l’ “esprit Mac”, je me suis jeté sur la première génération de Mac avec processeur Intel Core Duo… Un magnifique MacBook Pro 15 pouces avec les “mensurations” suivantes : 2,5 Kg, 2,16 Ghz, 1 Go de RAM, 100 Go de disque dur, lecteur/graveur DVD/CD, frontrow, caméra ISight intégrée, nouvelle connectique MagSafe, clavier rétro-éclairé (avec ajustement automatique de la luminosité de l’écran)… You name it. Sans oublier un design à tomber par terre, une coutume avec la boîte du génialement maniaque et tyrannique Steve Jobs. Bave, bave…

C’est le Laptop le plus puissant jamais produit jusqu’à présent, équipé de la dernière technologie Intel : le processeur à double coeur, dont les PC devraient bénéficier dans quelques semaines (mois ?). Après que mon Packard-Bell se soit transformé en grille pain lors d’une chaude soirée d’été brignolaise il y a deux ans, je ressentais de plus en plus le besoin de me procurer un nouvel engin portable. Et l’idée d’un Mac à germé dans mon esprit, avant de devenir l’idée fixe me poussant jusqu’à la boutique CLG Informatique. Faut dire que les caractéristiques de la bête, en dépit de quelques défauts franchement mineurs en ce qui me concerne, m’ont rapidement tourné la tête. Investir dans une belle bécane, se faire plaisir pour une fois… tudieu ! Après tout, en près de dix ans de pratique informatique, je ne comptais jusqu’alors que trois machines au compteur : un PC Fujitsu (dont je tairais les caractéristiques pour ne pas faire rire l’assemblée), un laptop PC Packard-Bell et un PC clôné, monté de toute pièce par mon poto Erwan que je salue au passage.

Le MacBook Pro, encore !

C’est donc au moyen de cet alléchant appareil que j’ai rédigé ce petit billet. Mais revenons à la question que vous rêviez de me poser tout à l’heure (si si, je l’ai bien senti) : “mais comment as-tu fais pour te connecter au web et poster ce billet aussi passionnant que fantastique ?”. Simple. Mon magnifique (je vous l’avais déjà dit, qu’il était superbe ?) MacBook Pro est équipe d’ “AirPort”, un programme chargé de repérer les sources WIFI environnantes et s’y connecter. Comme vous le savez sans doute, à présent les providers protègent leurs signaux WIFI d’un mot de passe (généralement la fameuse clé WEP, un numéro de série figurant sur le modem fourni). Mais voilà qu’en arrivant chez mes parents je me décide effrontément à lancer “AirPort”. Et paf, vlà t’y pas que je tombe sur un signal WIFI totalement libre d’accès ! Ne me demandez pas d’où il provient, le fait d’avoir le petit bonheur de vous faire part de ce post me suffit amplement. Tant pis pour le pauvre gars dont je squatte momentanément la bande-passante… L’avait qu’à choisir un provider se foutant moins de sa gueule.

Je terminerai sur tout autre chose. Aux amateurs de bande-dessinée (européenne, américaine, japonaise) et de “sous-culture”, je vous recommande chaleureusement la lecture du Webzine “W’Art. Très bien écrit, bien présenté, je suis tombé sous le charme de son ton éditorial et rédactionnel. Un projet de qualité auquel participent notamment Damien de Cyna et Iadalboth (habitué du forum MANE, notamment, pour ceux qui connaissent). Souhaitons leur une très bonne continuation.
Bonne lecture !

P.S. : Petit hommage aussi au regretté comédien de doublage Pascal Renwick, qui nous a tragiquement quitté le 19 juillet dernier. Vous connaissez tous sa voix, grave et sensuelle. Celle de Laurence Fishburne aka Morpheus dans “The Matrix”, de Schwarzenegger dans le premier “Terminator” ou encore Alan Rickman dans “Piège de Cristal”. Il avait doublé quelques épisodes du très attendu “Sergent Keroro” dans le rôle de Giroro (qui lui allait comme un gant !) avant de disparaître beaucoup trop tôt. Paix à son âme.

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L’apocalypse selon Saint Urasawa

Je vous l’avais dis dès le post inaugural de ce blog… Il m’est impossible de ne pas vous parler du manga qui me passionne le plus en ce moment : “20th Century Boys“. Je me doute que je n’apprendrai strictement rien aux fans et autres otakus qui lisent éventuellement ce site, mais il se trouve que quelques “profanes” traînent parfois leurs guettres en ces lieux et si je suis capable par ce post d’éveiller quelque peu leur curiosité pour cette oeuvre, eh bien ce blog à la noix aura rempli l’une des missions que j’attendais de lui. :p

1969. Un groupe d’enfants passe le plus clair de son temps libre à se réunir dans ce qu’ils appellent leur “base secrète”, un monticule de feuilles et de branchages dressé au beau milieu d’un terrain vague. Ce lieu tenu secret, sanctuaire de leur enfance, les voit s’adonner à des activités aussi diverses que la lecture de mangas, l’écoute de musique rock et l’échange de Un sinistre symbole...photos coquines. Aaah,l’insouciance de l’enfance. Réunis un beau jour dans ce théâtre des rêves sous l’impulsion de leur meneur Kenji Endô, les mômes couchent leurs rêveries et leurs fantasmes sur papier… C’est décidé, quand ils seront grands, ils seront les héros qui vont sauver la planète ! Ils imaginent un symbole de ralliement (un œil marqué d’une main dont l’index pointe vers le ciel) destiné à leur servir d’étendard dans leur lutte contre les forces du mal. Ils élaborent un scénario catastrophe dont l’imagination enfantine à le secret : la destruction de Tokyo par un robot géant et l’anihilation de Londres, de San Francisco puis de l’humanité toute entière par un virus foudroyant. Tout est méticuleusement consigné dans ce qu’ils appellent alors le “Cahier de Prédictions”.

Près de 30 ans plus tard, le suicide de Donkey (l’un des enfants du groupe) sort Kenji de sa routine. Celui qui ne pensait qu’à devenir une rockstar est désormais à la tête du Convini familial, et sa vie se partage entre ce labeur peu réjouissant et l’éducation de la petite Kanna, le bébé que sa soeur lui a confié avant de s’évaporer mystérieusement dans la nature. Kenji s’interroge : quel est ce mystérieux symbole que l’on a retrouvé sur les lieux du suicide de Donkey et qui commence à apparaître sur les lieux de disparitions, meurtres crapuleux et autres attentats sanglants ? N’est-ce pas celui qu’il avait inventé avec ses compagnons d’enfance ? Le symbole de leur promesse de protéger la terre… Qui se sache derrière la secte nihiliste qui s’est appropriée ce sigle surgi du passé et qui est menée par un mystérieux gourou se faisant appeler “Ami” ? Qui est “Ami” et pouquoi semble t-il s’appliquer à réaliser un à un les sinistres évènements décrits dans le “Cahier des prédictions” ? S’agit-il d’un ancien camarade de Kenji ? Sans aucun doute, Mais lequel ? Aucun des membres de la bande n’a de souvenirs assez précis. Y a t-il un traître ? Un menteur ou un schizophrène ? Ou n’étaient-il pas seuls lorsqu’ils abordaient le futur de notre planète étant enfants ? Qui aurait pu avoir ainsi accès à leurs souvenirs d’enfance ? Kenji et ses amis, devenus adultes, pourront-ils empêcher l’inéluctable ? Le mangaLa fin du monde, qu’ils avaient jadis programmée pour le 31 décembre 2000 à minuit…

Je ne me risquerai pas à aller plus loin dans le pitch tellement la trame de ce manga est riche et d’une réjouissante complexité. S’amusant à jouer des apparences et égarer son lecteur avec un récit maîtrisé de bout en bout, Urasawa nous entraîne dans un voyage qui nous verra traverser plusieurs nappes temporelles et explorer des époques qu’il nous présente avec un remarquable sens du détail. Un sens de narration digne des plus grands films, un talent qu’on lui connaissait déjà sur “Monster” mais qui trouve ici sa plus parfaite matérialisation. Avec “20th Century Boys”, l’artiste s’impose définitivement comme le plus grand mangaka de sa génération, dévoilant pièce par pièce les éléments d’un puzzle qui fera date dans l’histoire du genre seinen mais aussi du manga en général. Même les amateurs de BD franco-belge, souvent hostiles aux “mangasses”, s’empressent de reconnaître le génie de cette série, d’ailleurs fort logiquement récompensée en 2004 du titre suprême au prestigieux Festival International d’Angoulême. Je ne peux que vous encourager à vous jeter sur les volumes édités par Panini Comics (feu Génération Comics), vous ne le regretterez pas. Dépendance garantie !

19 tomes ont été édités en France, tandis que 21 sont sortis au Japon en attendant l’édition du volume 22 prévu pour octobre. Si ce volume 22 était annoncé comme étant l’ultime opus de la saga, Urasawa a fait savoir récemment via son éditeur qu’il reprendrait “20th Century Boy” au printemps 2007 ! Une nouvelle un peu curieuse, mais certaines rumeurs n’évoquent pas une véritable reprise mais la publication d’un unique chapitre spécial de conclusion. Wait and see, donc.

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Grosses bébêtes et vieux Bébel

Totoro
Grande nouvelle pour tous les amoureux d’oeuvres poétiques ! Tonari no Totoro (Mon voisin Totoro, 1988) de Hayao Miyazaki et Heisei tanuki gassen Pompoko (Pompoko, 1994) de Isao Takahata sont enfin disponibles en DVD. Studio Ghibli est beau, Studio Ghibli est grand !! Je me les suis évidemment pris dès que je les ai apperçu en tête de gondole à la FNAC Saint Lazare tout à l’heure.

Dieu que c’est bon de pouvoir savourer une nouvelle fois toute la magie nostalgique d’un “Totoro”, film incarnant à la perfection tous les rêves et les souvenirs de l’enfance… Du concentré de bonheur en 1h30 d’animation. Un monument du cinéma, à placer aux côtés des plus grands Disney. On appréciera aussi de replonger dans le conte magnifiquement poignant des tanuki, ces espèces de blaireaux du folklore japonais chers à Takahata, illustrant un portrait sans fard des désastres écologiques causés par les Hommes. Aussi magnifiques que soient ces deux long-métrages, il ne s’adressent pas aux mêmes publics. Si “Totoro” ravira petits et grands par son insouciante légèreté, son bonheur communicatif et son récit pétri de nostalgie, “Pompoko” est un peu plus dur, plus “cérébral”, avec son propos sans appel suscitant débat et réflexions. Si les enfants tomberont inévitablement sous le charme des adorables petites bébêtes de poils transformistes, la lenteur du film et son ton quelque peu désespéré risque de les égarer en cours de visionnage… Les adultes, quant à eux, éprouveront bien des difficultés à garder leurs yeux totalement secs. Deux genres différents, mais deux chef-d’oeuvres absolus à posséder absolument. Magnifique mais terriblement triste pour ce qui concerne “Pompoko”. Une maxime qui s’applique parfaitement au sublime et crépusculaire “Tombeau des Lucioles”, autre monument de Takahata qui fut produit en même temps que… “Totoro” !

Pompoko

Bon, au passage je me suis pris deux petites galettes d’un tout autre genre. “Pierrot le fou” de Jean-Luc Godard, tout d’abord. Ca faisait longtemps que je souhaitais découvrir ce chef d’oeuvre de la Nouvelle Vague qui a tant révolutionné à sa manière le cinéma et inspiré des tonnes de grands cinéastes en herbe.
“Ferdinand (Jean-Paul Belmondo) renoue des relations avec Marianne, une jeune étudiante qu’il a jadis aimée. Et le voilà embarqué dans une histoire de fou : un cadavre dont il faut se débarasser, des bandes rivales, un hold up. Une sorte de série noire absurde qui l’entraîne inéluctablement vers la mort…”
Comme d’habitude avec Godard, ce film est une succession de scenettes, de moments saisis au vol, un immense collage de clichés instantanés… Un assemblage intuitif de scènes poussant l’abstraction et la poésie à leur paroxysme. Un rôle en or pour un Belmondo très intense. Notre Bébel national reste sans conteste l’un de mes acteurs fétiches (Aaah, “Un singe en hiver”, “Le magnifique”, “Le professionnel”, “L’as des as”…). Ca me fait penser que j’ai encore un autre monument de Godard à regarder, “A bout de souffle”, pierre angulaire de la Nouvelle Vague avec Belmondo en tête d’affiche encore une fois. Mais avant cela, j’essaierai de me réserver une petite séance pour “Prends l’oseille et tire-toi” de Woody Allen. Merci à ma Claire adorée de me permettre de découvrir ce long-métrage. ^_^

Deuxième galette, “100 000 dollars au soleil” d’Henri Verneuil avec Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier. Des acteurs géniaux au service d’un scénario très sympa et de dialogues mythiques de Michel Audiard. Que demande le peuple ?
“Sahara, 1963. Rocco (Belmondo), chauffeur expérimenté, fauche avec sa fiancée Pepa un camion flambant neuf et son mystérieusement chargement, dont la livraison doit rapporter 100 000 $. Son employeur, le douteux Castiglione dit “la betterave”, charge un autre chauffeur, Marec dit “le plouc”, de les rattraper.”
J’avais vu ce film il y a des années et j’en avais gardé un excellent souvenir. En parlant d’Audiard, je ne me lasserais jamais de revoir “Les tontons flingueurs” et “Les barbouzes”… Deux chef d’oeuvres intemporels du cinéma comique français, avec des répliques d’anthologie. A voir de toute urgence si ce n’est pas encore fait ! Je vous ai déjà dit que j’adorais le cinéma ?

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Putain, un Best Of !

Aaah les “Guignols de l’Info“… A quoi ressemblerait notre paysage audiovisuel sans le cynisme et la verve incendiaire des plus célèbres marionnettes de la télé ? Leurs observations et commentaires acides nous apportent une bonne dose de recul et d’autodérision, distribuant au passage quelques claques bien méritées à la société française, nous renvoyant à nos contradictions. Un constat identique avec leur portrait au vitriol des relations internationales.

16 ans de bonheur !

Bien sûr, leurs sketches manquent parfois de subtilité, mais que de franches rigolades depuis 1990… Bien entendu, comme pour tout programme récurrent qui subit des rotations dans l’équipe des auteurs, certaines “saisons” sont bien meilleures que d’autres. La dream team restera sans doute celle constituée de Benoït Delépine (Michael Kael de “Groland”), Jean-François Halin et Bruno Gaccio (période 90-96 en gros). De puis 1999, les jeunes loups Lionel Dutemple, Julien Hervé et Ahmed Hamidi ont rejoint le vétéran Bruno Gaccio (présent depuis 92). Une relève bienvenue, après trois saisons en demi-teintes sous la plume de Franck Magnier, Alexandre Charlot et Gaccio de 96 à 99. Si le meilleur de l’émission est sans doute derrière elle, on voit mal comment on pourrait se passer de cette dose d’humour quotidienne. Rappelez vous, le 3 mars 2000 “Les Guignols” annoncaient la fin de leur émission après 12 années d’antenne. Canular, mais plus de 3 millions de téléspectateurs sont rivés devant leur écran le lundi 6 mars en espérant un démenti. Une belle preuve d’amour.

Malgré l’amour que je porte à cette émission depuis 94, je n’ai pas toujours eu le loisir de la suivre comme je le voudrais. Oubli, emploi du temps surchargé, désintérêt cyclique… Et c’est un peu incrédule que je tombe hier à la Fnac des Halles sur le Best Of de la saison 2004-2005. Je l’achète malgré tout, ayant d’excellents souvenirs des sketches “Medef Mécanique”, “Jean-Pierre de Chasseneuil du Poitou”, les récurrents sur le “To win the yes needs the no to win against the no” ou encore l’orchestre d’Emir Kusturica qui pourrit la vie de Laurent Weil à Cannes… Je me suis bien évidemment marré comme un bossu en visionnant la galette hier soir. Le rire est salutaire, surtout dans la période actuelle.

Le Best Of 2004-2005

A tel point que cela m’a donné envie de me procurer les Best-of précédents sur Amazon. Et ça tombe bien, les DVD “L’année des Guignols” sont soldés avec frais d’envois offerts! Du coup, j’ai pris tous les DVD disponibles pour un total d’environ 50 € :

o Saison 1998 - 1999 : On m’aurait menti ?!!
o Saison 1999 - 2000 : Ras le Bol les Guignols !
o Saison 2000 - 2001 : Je peux dire une connerie ?
o Saison 2001 - 2002 : Une ispice de counasse d’année
o Saison 2002 - 2003 : Pardon aux familles….. tout ça !!!
o Saison 2003 - 2004 : Un Jean-Pierre ça peut tout faire.

A quand les Best Of DVD de 90 à 97 ? Longue vie aux Guignols !

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