Archive for On s'fait un cinoche ?

Un retour qui se fait attendre…

    LES MYSTERIEUSES CITES D’OR - LE FILM ?

Le poster officiel
Aperçu de l’illustration officielle créee en 2005 pour promouvoir le projet de film, scannée par mes petits doigts boudinés.

NOTE : Etant donné qu’il s’agit d’un scan personnel, d’une illustration qu’il m’a été très difficile de trouver par ailleurs, je vous demande de ne pas le reproduire sans mon autorisation. Veuillez tout du moins créditer la source, à savoir moi (Arion) et mon blog http://blood.cyna.net. Please do not use this picture without due credits to Arion’s blog http://blood.cyna.net.

Oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’une illustration très récente, totalement inédite et tout à fait officielle des « Mystérieuses Cités d’Or » proposée depuis 2005 dans les grands rassemblements mondiaux de l’audiovisuel (MIPCOM, MIPTV, NATPE, etc) par MoviePlus SAS (filiale française de MoviePlus USA), la nouvelle société de Jean Chalopin. Sa raison d’être ? Convaincre les producteurs du monde entier d’investir dans un projet de long-métrage d’animation des aventures d’Esteban, Tao et Zia. Je vous la présente en exclu avec grand plaisir, et en profite pour faire un petit point sur cette arlésienne audiovisuelle…

Ce n’est un secret pour personne, Jean Chalopin et Bernard Deyriès nourrissent depuis 25 ans le rêve de réaliser une suite à leur bijou, « Les Mystérieuses Cités d’Or », alors co-produit avec les japonais de la NHK et MK Production, et sous-traité chez Studio Pierrot. Curieusement, malgré le statut culte de cette série de 39 épisodes et le succès qu’elle rencontre irrémédiablement à chacun de ses passages télé (il ne se passe pas une année sans qu’elle ne soit rediffusée, ce qui en fait l’une des séries animées les plus diffusées de l’histoire du PAF !), les deux célèbres artistes / producteurs français n’ont jamais pu convaincre les pontes de l’audiovisuel français d’investir dans le projet et de concrétiser ainsi le rêve de milliers de fans. Ces derniers ne se sont toujours pas remis du visionnage de cette œuvre à la fois passionnante, drôle, émouvante et enrichissante culturellement. Une combinaison gagnante rarement atteinte pour un dessin animé.

Chalopin ne compte plus les essais infructueux, les business plan tombés à l’eau, mais il n’est toujours pas décidé à renoncer. Et ce malgré les désistements successifs et le manque de foi affiché par les diffuseurs français au mépris du bon sens. Comment, en effet, ne pas croire au succès d’une telle entreprise ? Voyez plutôt : pour commencer un long-métrage d’animation, réalisé au moyen des dernières techniques (animation 2D par ordinateur pour les personnages et une 3D / Cellshading pour les mechas), chargé de rappeler le titre au bon souvenir des fans et conquérir une toute nouvelle génération de spectateurs… Pour ce faire, le film est envisagé comme un résumé/remake de la série originale de 1982 destiné à servir de point d’ancrage à une toute nouvelle série télévisée inédite qui s’attacherait à dépeindre la suite de la quête de nos héros (dont le scénario, ainsi que quelques nouveaux personnages, nous avaient été présenté lors d’une conférence spéciale sur les 20 ans de la série au Japan Expo de 2003). Après plusieurs échecs, Chalopin et son ami Mitsuru Kaneko (patron de MK Production et producteur de la série originale) paraissaient tenir le bon bout… Chalopin récupérait l’intégralité des droits sur la série auprès des japonais et parvenait à convaincre trois grands groupes d’investir dans le projet. Si bien que la préproduction pouvait être lancée, avec des essais et autres recherches graphiques. Cette étape est alors réalisée en Chine, où l’animation (tout ou partie) doit être sous-traitée selon les premières infos glanées sur la prod. Une date de sortie est même avancée : printemps 2008.

Mais les dernières nouvelles ne sont pas vraiment rassurantes… En effet, un investisseur important s’est retiré inopinément, avec le risque de faire s’écrouler une nouvelle fois le projet. MoviePlus assure que la préproduction, bien que ralentie, se poursuit mais que la production est postposée à une date inconnue… Précisant que l’aide des fans sera sans doute indispensable au cours des prochains mois. Une déclaration qui n’augure pas grand-chose de bon, malheureusement. J’espère que nous pourrons en savoir plus très prochainement (pour ce faire, je vous suggère de surveiller le site Les Cités d’Or.com)

Pour revenir à l’illustration que je présentais en préambule de ce billet, veuillez m’excuser pour la qualité pour le moins bancale… Cette illustration était présentée en petite résolution dans les pages d’un numéro d’octobre-novembre 2005 du Kazachok Licensing Magazine (magazine professionnel sur les licences de produits dérivés). Même un scan en résolution optimale ne m’a pas permis de réduire l’effet de tramage. Concernant le dessin proprement dit, je le trouve pour ma part somptueux… Un bel avant-goût de ce qui pourrait nous attendre dans le film. Vous remarquerez, sur le côté droit de l’image, la montagne habritant le fort de l’Aigle Noir, ainsi que Sancho et Pedro (dans le bas). Dans la partie gauche, les espagnols – supervisés par Gomez et Gaspar ? - s’affairent à déplacer un canon sous les yeux d’un mystérieux cavalier (Mendoza ?) qui observe la scène depuis les hauteurs. Dans le haut de l’image, au-dessus de nos trois héros, l’on décèle la présence des fameux et mystérieux dessins du plateau de Nazca. Le scan ne rend pas hommage aux effets de couleurs et au design très réussis de l’ensemble.

Nous sommes bien entendu de tout cœur avec Jean Chalopin et MoviePlus, espérant que la voix unifiée des fans sera entendue par un investisseur suffisamment sensé pour croire au potentiel indiscutable de cette licence. La phrase d’accroche figurant sur l’illustration officielle n’aurait finalement pas pu être meilleure vu les circonstances… Pour Chalopin et Deyriès, ce projet de suite aux « Mystérieuses Cités d’Or » cela devient en effet « L’aventure de toute une vie » !

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Ratatouille : Tréleur en exclu mondiââââle !

Voici le trailer de “Ratatouille” en exclusivité (il ne sera officiellement disponible que dans 5 jours, d’après le site officiel), fruit d’une fuite visiblement asiatique.

Les inconditionnels de ce blog, et Dieu sait s’ils sont nombreux (oui vous deux, là, dans le fond !), se souviennent que j’avais déjà évoqué la production de ce nouveau long-métrage Pixar faisant suite à l’excellent “Cars”.

Etant un inconditionnel de Pixar, inutile de vous dire que j’attends ce film avec impatience ! D’autant plus qu’il se déroule à Paris, ce qui ne gâte rien. Sortie prévue en France le 1er août 2007… Je sais, ça fait long ! T_T

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勇者の心の中に

Comme promis dans le billet précédent, voici mon avis d’après visionnage du dernier film de Clint Eastwood : “Lettres d’Iwo Jima”. Ciné Cités Les Halles, 19h30, salle 1 pleine à craquée.

1945. La guerre fait rage dans le Pacifique. L’armée impériale japonaise paraît bien décidée à ne pas concéder de terrain aux américains malgré les désastres militaires qui s’accumulent. Le Japon a perdu les îles Mariannes, lesquelles servent de rempart de lancement à l’aviation américaine pour de grandes opérations de bombardement sur le pays. L’invasion d’Okinawa ne pouvant commencer avant 8 semaines, l’Etat Major américain porte son intérêt sur l’île d’Iwo Jima. L’opération fut connue sous le nom de code “Detachment”. L’île avait une garnison de 22 000 soldats japonais à l’arrivée sur le terrain du Général Tadamichi Kuribayashi (Ken Watanabe), en remplacement d’un autre Général qui avait décliné l’affectation (!). Celui-ci décide de faire cesser les travaux de tranchées sur la plage, jugeant que ses troupes ne pourraient de toute manière pas défendre le littoral face à la puissance de feu de l’ennmi, et lance la construction d’un vaste réseau sous-terrain. Le but était d’infliger des pertes aussi sévères que possible aux Alliés et ainsi les décourager d’envahir les îles principales. Héroïques jusqu’à la folie suicidaire, les 22000 nippons devront faire face à 70000 Marines… Les batailles seront sanglantes et les pertes nombreuses. 21000 côté japonais, 7000 côté américain. En 2005 une équipe japonaise découvre, enfoui dans le sol d’un des multiples sous-terrain de l’île, une quantité impressionnante de lettres très intimes écrites par des soldats nippons… Ce sont ces lettres qui ont inspiré Clint Eastwood et illustreront le récit. Parmi ces missives, celles du Général Kuribayashi sont particulièrement précieuses et touchantes… Elles brossent le portrait d’un homme généreux, loyal et courageux, entièrement dévoué à son pays et sa famille… Sans oublier les lettres des soldats Saigo et Shimizu, lesquelles confèrent enfin un visage humain à l’ennemi japonais.

Général Kuribayashi. Sublime Ken Watanabe
Le Général Kuribayashi.

Il n’y a pas à tergiverser. Clint Eastwood est l’un des meilleurs réalisateurs au monde. Il nous l’avait déjà confirmé avec le somptueux “Flags of our fathers”, maîtrisé dans le moindre de ses plans avec notamment des scènes de batailles absolument inouïes. Le metteur en scène de 76 ans construit le deuxième volet de son dyptique sur des bases identiques mais porte l’ensemble à un degré de perfection formelle qu’on croyait impossible. Chaque plan est calculé de manière absolument exemplaire, tout est fait pour mettre en valeur les visages expressifs de ces guerriers nippons qui réussissent à nous émouvoir par leur sens du sacrifice et leur conception exacerbée de l’honneur. Mais aussi et surtout, l’on se rend compte qu’au-delà des caractéristiques éminemment culturelles, ces soldats ne sont que le reflet des soldats qu’ils sont amenés à combattre. Bien que la propagande impériale avait à l’époque bien fait son office en transformant de pauvres gens en illuminés nationalistes, les soldats japonais n’étaient pas des kamikaze prêt à mourir pour l’Empereur sans un soupçon de peur ou de tristesse. Sous chaque uniforme, il y a un coeur qui bat, qui brûle de retrouver sa femme, son fils, son chien ou son commerce. Chaque coeur aspire à la paix et à la concorde. A l’amour et à l’honneur. L’honneur… cette vertu sacrée héritée des magnifiques Samouraï et de leur code (”Bushidô”, ou “voie du guerrier”) qui poussera de nombreux combattants nippons à se donner la mort plutôt que de se livrer à l’ennemi. Non ce n’est pas “stupide” comme le pensent encore de nombreux occidentaux… Il s’agit plutôt d’un acte si profond, tellement ancré dans les moeurs et la mentalité de ce peuple qu’il serait irrespectueux de le juger sans même le comprendre.

Soldat Saigo
Le soldat Saigo.

Le film, tourné entièrement en japonais (hormis les flashback de Kuribayashi, à l’époque de son voyage aux Etats-Unis, et de l’américain fait prisonnier par Nishi), est interprété de manière absolument magnifique par une brochette de parfaits inconnus. Des “gueules” sur lesquelles la caméra s’attarde avec affection et respect. On découvre le jeune boulanger Saigo, soldat malgré lui, pas très intéressé par la gloire de l’Empereur et qui ne souhaite qu’une seule chose : retrouver sa jeune femme et sa petite fille qu’il n’a pas encore vue. L’ancien officier de la police militaire Shimizu, rétrogradé et envoyé au front pour avoir désobéi à un ordre barbare. Le lieutenant Itô, incarnation vivante des dégâts de la propagande impériale dont l’aveuglement n’a d’égale que sa folie. Le lieutenant-colonel baron Nishi, homme élégant et droit, ancien champion olympique d’hippisme rompu à la culture américaine… à l’image du Général Tadamichi Kuribayashi qui, après un séjour de deux ans aux Etats-Unis à l’époque où il n’était que capitaine, connaît parfaitement l’ennemi qu’il s’apprête à affronter. Sans s’en réjouir, d’ailleurs, il ne trahira aucun regret et sa dévotion sincère à son pays force l’admiration et le respect. Considéré comme un lâche à la solde des américains par la majeure partie des officiers de l’île, la troupe l’adore… Pour son altruisme, son sens aigu du sacrifice, mais aussi pour son amour de la vie et du refus profond des morts inutiles. Incarné par Ken Watanabe, absolument magnifique dans la peau de cet homme cultivé, vertueux et plein de compassion, le Général Kuribayashi incarne le point focal du récit avec le soldat Saigo. Deux visages, deux facettes d’un même homme, d’un même pays, d’un même dilemme… Incarnations d’un sacrifice stupide au nom des ambitions démesurées d’une poignée de politiciens sans vergogne. Oui, c’est con la guerre… Oui, c’est abominable de voir une culture si vertueuse et si profonde être poussées dans des extrêmes avilissants par les pulsions meurtrières d’une poignée de bureaucrate.

Baron Nishi
Le baron lieutenant-colonel Nishi.

A l’instar de “Flags of our fathers”, on retrouve donc cette photographie très spécifique, vieux sépia magnifique qui parachève l’ambiance pour mieux y plonger le spectateur. Les images servent un scénario écrit par Paul Haggis, déjà auteur des scénarios de “Million Dolar baby” et “Crash” (”Collision”, qu’il réalisait également), un des auteurs les plus en vue d’Hollywood qui a réussi son pari : rendre bouleversants une poignée d’acteurs inconnus et donner, comme je le disais plus haut, un visage humain aux “horribles japonais”… Avec une objectivité exemplaire, sans gommer les zones d’ombres. Côté musical, Clint Eastwood a cette fois-ci laissé totalement sa place à son fils Kyle. On s’en souvient, les compositions minimalistes de Clint (un thème mélancolique décliné à l’envi) hantaient ses films précédents tels que “Mystic River”, “Million Dollar baby” et “Flags of our fathers”. Si ces compositions déchirantes ont servi à merveille les deux premiers films, Eastwood s’est fortement planté sur le dernier… Il n’était en effet pas parvenu à illustrer son film avec les musiques “puissantes” dont il avait besoin. Pas de thème prédominant, ou en tous cas pas marquant pour deux sous, un échec musical souligné de manière générale. Modeste, Eastwood aura sans doute tiré les leçons de cette déconvenue pour laisser la place à son fils. Pour obtenir… un thème mélancolique répété à l’envi. Il y a donc du mieux, même si ce n’est pas vraiment la panacée. J’aurais largement préféré entendre une BO “ethnique” comme celle qu’avait pu composer un Hans Zimmer pour “The Last Samurai” par exemple… Ce sera le seul regret que je nourrirais pour ce film, et c’est absolument secondaire, Kyle Eastwood étant à l’aise dans ce registre minimaliste. Ne comptez pas sur moi pour “enlever une étoile” à la note que je réserve à ce nouveau chef d’oeuvre d’Eastwood.

Lieutenant Itô
Le lieutenant Itô.

Après avoir remporté le Golden Globe du “Meilleur Film en Langue Etrangère”, le film est bien parti pour s’imposer aux Oscars avec 4 nominations dont 3 parmi les principales : Meilleur réalisateur, Meilleur Film, Meilleur scénario. Rendez-vous dans la nuit de dimanche à lundi pour les résultats. Martin Scorcese, jamais récompensé aux Oscars et qui voyait sa chance lui sourire enfin cette année avec son génial “The Departed”, a du soucis à se faire…

“(…) le résultat est, séquence par séquence, remarquable de précision, d’émotion et de force.” (Les Cahiers du Cinéma)

“(…) requiem élégiaque qui s’impose comme l’un des sommets de l’oeuvre déjà considérable d’Eastwood.” (Libération)

“Lettres d’Iwo Jima est un chant funèbre à la fois héroïque et intime, d’une poignante austérité.” (Le Figaroscope)

“(…) un des meilleurs films sur la seconde guerre mondiale, si ce n’est le meilleur (…)” (Brazil)

“(…) un film crépusculaire (…) le résultat est impressionnant.” (L’Humanité)

“L’unité de lieu, la photographie décolorée à la limite du noir et blanc, l’atrocité des combats, l’héroïsme pathétique des belligérants donnent à cet hommage (…) une grandeur saisissante.” (Paris Match)

“(…) une oeuvre touchante, qui ne fait pas insulte aux moeurs et aux valeurs du pays qu’il met en scène.” (aVoir-aLire.com)

“(…) Bouleversant film de guerre - l’un des plus forts depuis longtemps (…).” (Les Inrockuptibles)

“Le résultat est saisissant. (…) Ce film-hommage à la mise en scène somptueuse résonne comme la meilleure dénonciation de la folie guerrière.” (Télé 7 Jours)

“Baignés dans une lumière blanche, les combats spectaculaires font contrepoids aux scènes intimistes, d’une intense sobriété.” (Métro)

Quelques liens historiques :

- Biographie du Général Tadamichi Kuribayashi
- Biographie de Takeichi “Baron” Nishi

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Samuraï Clint

Allez, ce soir, on se fait plaisir et on va voir le dernier film de l’immense Clint Eastwood.

“Letters from Iwo Jima” fait suite à “Flag of our fathers”, qui présentait un background identique (la sanglante bataille d’Iwo Jima dans le pacifique) mais du point de vue américain. Si ce premier volet était esthétiquement et artistiquement à couper le souffle (oui, pour ceux qui l’ignoreraient encore, Eastwood est un immense réalisateur) et illustrait un propos audacieux unanimement salué (le film ne met pas tant l’emphase sur le patriotisme et le courage des soldats américains mais plutôt sur la propagande et les mensonges des pontes de l’armée), l’on restait quelque peu sur notre fin… Un sentiment quelque peu injuste compte tenu des nombreuses qualités indéniables de ce film, mais que l’on doit au talent même d’Eastwood… Coupable sans doute d’avoir placé la barre trop haut avec “Mystic River” et surtout le déchirant “Million Dollar Baby”… ?

Sublime Ken Watanabe

Au programme cette fois, la terrible bataille vécue par l’adversaire… Les horribles japonais, tels que se les imaginaient les américains. Une nouvelle fois, à l’image du premier volet de ce dyptique guerrier, Eastwood prend son monde à contre-pied en humanisant ses personnages et en traitant leur vécu d’une manière compatissante et juste. Le réalisateur pousse l’empathie jusqu’à tourner le film quasi-intégralement en japonais - ce qui n’est au fond pas très étonnant mais quand on sait que les ricains ont les sous-titres en horreur… - et en laissant la primeure de l’avant-première mondiale au du Pays du Soleil Levant. Parmi les acteurs, je ne peux m’empêcher de mettre en avant l’immense et sublime Ken Watanabe (The Last Samurai, Mémoires d’une Geisha) interprétant le Général Tadamichi Kuribayashi (cf. affiche du film présentée dans ce post).

Un film déjà unanimement célébré par la critique mondiale, que je me ferais un plaisir de critiquer pour vous dès que j’aurais 5 minutes. ;-)

La bande-annonce, pour les étourdis.

Un commentaire

Fontaine, boirai-je ou pas de ton eau ?

Après tant de mois de silence sur mon blogounet, un petit billet histoire de me dérouiller. ^0^

Dans mon mutisme, j’ai oublié de vous dire que j’avais vu l’incroyable The Fountain de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a Dream) avec Hugh Jackman, Rachel Weisz et Ellen Burstyn. Que dire si ce n’est que c’est l’un des films les plus hallucinants et hallucinés que j’ai jamais vu ?

The Fountain

The Fountain raconte le combat à travers les âges d’un homme pour sauver la femme qu’il aime. Espagne, XVIe siècle. Le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence, censée offrir l’immortalité. Aujourd’hui. Un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi. Au XXVIe siècle, Tom, un être astral, voyage à travers l’espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire. Les trois histoires convergent vers une seule et même vérité, quand les Thomas des trois époques - le guerrier, le scientifique et l’explorateur - parviennent enfin à trouver la paix face à la vie, l’amour, la mort et la renaissance. (Pitch d’ Allociné)

Pour tout vous dire, tout commence déjà avec ce pitch puisqu’après avoir vu le film je peux déjà vous dire qu’il ne s’agit pas foncièrement d’un pitch “correct”. En effet, le film étant tellement abstrait / philosophique / métaphorique qu’il est possible de présenter le film sous de nombreux angles différents. Ainsi, je ne suis absolument pas d’accord pour dire que le personnage “traverse les âges”. Sans trop en dire et sans spoiler, je dirais que l’histoire se déroule concrètement à notre époque : le scientifique Tommy Creo cherche un remède à la maladie de sa femme. Celle-ci, sentant sa fin venir entame l’écriture d’un livre (”The Fountain”) se déroulant à l’époque des Conquistadores et racontant la quête de la Fontaine de Jouvence par un soldat amoureux de la Reine d’Espagne (les personnage ont, du coup, les traits de Jackman et Weisz). Comme ultime volonté, Izzy demande à son scientifique de mari d’écrire le dernier chapitre de ce bouquin lourd de signification. Enfin, une troisième dimension de lecture est présente dans le film… une sphère totalement philosphique, une vision de l’esprit ou du coeur, celle de la matérialisation de l’amour que porte Tommy à Izzi : dans une bulle symbolisant leur union éternelle, Tommy - crâne rasé - dérive dans l’espace avec vers l’accomplissement et la sérénité de son coeur et de son âme (cfr Affiche).

Métaphorique au possible, d’un lyrisme rare, visuellement fabuleux (!!) et illustré par une partition grandiose de Clint Mansell (connu pour ses thèmes de Requiem for a Dream qui nous hantent encore), le film se déguste comme un poème… Inutile d’y chercher des éléments rationnels, ce film parle directement à notre coeur. Personnes terre-à-terre, ce film n’est pas fait pour vous. Car si l’on devait s’expliquer ce film dans les moindres détails, on y comprendrait sans doute pas grand chose. Voilà pourquoi “The Fountain” est peut-être le seul film que j’ai adoré sans vraiment être capable de vous expliquer pourquoi. C’est comme expliquer pourquoi on a aimé un beau poème… Ou une peinture. Ca nous parle, c’est tout. Ou pas.

Hugh Jackman est tout simplement immense dans ce film, puisqu’il délaisse enfin son accoutrement de star de films d’action ou de comédies pour endosser celui de grand acteur dramatique, ce dont beaucoup doutait il faut bien le dire. Il est absolument bouleversant (je pense notamment à la scène de mutilation à la plume) dans ce long-métrage tortueux, ôde à l’amour aux interprétations multiples (autant d’interprétations qu’il y a de spectateurs, chaque coeur tirant à sa façon la substantifique moëlle qui lui est offerte) et impropre aux compromis. Soit on crie au chef d’oeuvre absolu, soit on hurle au navet du siècle. Un ami, qui a assisté à la séance l’a même proclamée “séance la plus traumatisante de sa vie” (au sens où il s’est fait chier au possible devant une telle bouse prétentieuse). Alors que Claire et moi étions sereins et conquis par le film, sans trop savoir dire pourquoi. Mais le sujet nous a parlé. J’espère qu’il vous parlera également, ce film mérite d’être vu.

Le trailer
Le très beau site officiel.
Une belle note sur IMDB
On peut le voir aisément aux critiques de la presse : soit on adore, soit on déteste A MORT !

“Son allergie aux conventions et son ambition aveugle risquent de laisser une majorité du grand public sur le carreau… qui se privera d’une des oeuvres les plus fascinantes à avoir foulé les salles depuis très longtemps.” (Première)

“The Fountain est un beau voyage original et métaphysique sous une réalisation sophistiquée, voire psychédélique. On en ressort apaisé.” (Brazil)

“The Fountain fait preuve d’une audace et d’une originalité bienvenues (…) une oeuvre à fleur de peau transpirant la sincérité, et soutenue par la superbe musique de Mansell et Mogwai.” (Mad Movies)

“Darren Aronofsky touche une nouvelle fois à la perfection et laisse le spectateur dévasté, repu, en larmes ou en lambeaux. Même pas un chef-d’oeuvre, un miracle…” (aVoir-aLire.com)

“The Fountain est un poème épique et intimiste, métaphysique et bouleversant.” (TéléCinéObs)

“Une magnifique déclaration d’amour à Rachel Weisz (…) Elle illumine l’un de ces “grands films malades” du cinéma.” (Studio Magazine)

“Le résultat désorientera ceux qui n’ont pas potassé le B.A.-B.A de l’ayurvédisme ou le “Karma pour les nuls”. Pourtant sous l’abstraction du scénario perce rapidement l’essence du film, la transcendance d’un couple à la Tristan et Iseult.” (Score)

“Darren Aronofsky, avec ce voyage initiatique aussi émouvant qu’époustouflant, nous emporte dans un maelström d’images et d’émotions.” (L’Ecran Fantastique)

“Cette méditation philosophique sur la mort fascine par son sérieux et son intransigeance. Ou rebute intensément.” (Rolling Stone)

“Hugh Jackman n’a jamais été aussi convaincant. Il apparaît pour la première fois vulnérable.” (Le Journal du Dimanche)

“On est prié de laisser en consigne tout cynisme- même modéré- pour goûter aux joies du dernier trip hallucinogène de Darren Aronofsky, déclinaison transcendentale sur l’amour à travers les âges.” (Ciné Live)

Le film n’a rien en commun avec “Pi” ou “Requiem for a dream” du même réalisateur (si ce n’est le talent du compositeur Clint Mansell). Ce film est un poème qui n’a rien de “rationnel”. C’est un panégyrique de l’amour, zen et philosophique. Ceux qui veulent de l’action ou de la science-fiction, passez votre chemin !

La BO est sublimissime, je suis en train de la réécouter.
Le Soundtrack

Il existe également un superbe Art Book du film qui me tente plutôt pas mal…
Art Book

Ainsi qu’un “Graphic Novel” (une BD, quoi) :
Graphic Novel

Bref, vivement conseillé par la maison mais avec de sérieux avertissements aux cyniques et/ou spectateurs trop cartésiens. ^^

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La dernière séance

Deux films que j’attendais avec une certaine impatience dernièrement : “Miami Vice” de Michael Mann et “La science des rêves” de Michel Gondry.

N’ayant pas particulièrement suivi la série télévisée éponyme, mon intérêt pour “Miami Vice” tenait en un seul nom : Michael Mann. Dire que cet homme est l’un de mes réalisateurs fétiches serait un euphémisme eut égard à l’admiration que je lui voue depuis le visionnage de ses Deux flics ami-amisublimissimes “Heat” (face à face inoubliable entre entre Al Pacino et Robert de Niro, tous deux en état de grâce !), “Révélations” (une histoire vraie plus qu’inquiétante interprétée avec brio par Al Pacino et alors méconnu Russell Crowe) ou encore “Collateral” (voyage au bout de la nuit californienne… et de la psyché humaine avec deux acteurs absolument magnifiques, Jamie Foxx et surtout Tom Cruise, ce dernier trouvant là le second meilleur rôle de sa carrière après son interprétation d’un gouru du sexe dans “Magnolia”). Et si son “Ali”, avec un Will Smith pourtant impeccable, m’avait plutôt déçu, je considère toujours un film de Mann comme un petit évènement personnel. :p
Bref, un film de Mann, avec deux acteurs que j’apprécie pas mal (Collin Farrell, que je suis de près depuis l’excellent “Tigerland” de Joel Schumacher, et Jamie Foxx qui ne cesse de confirmer depuis “Ray”)… Une combinaison a priori gagnante… Que nenni.

Au final, que reste t-il de ce long-métrage évènement ? Une “bouse esthétisante”… Comme d’habitude avec Mann, son film est visuellement superbe en tous points. Des couleurs aux plans de caméra, des lieux de tournage au look des personnages en passant par la musique. Rien à dire, c’est impeccable. Mais qu’on nous dise où se cache le scénario… ? Y en a pas ? Vous avez raison. C’est d’un pathétique… et surtout, d’un convenu ! Nous voyons défiler les pires clichés et poncifs du cinéma. C’est souvent surjoué et les dialogues sont régulièrement ahurissants de bêtise… C’est lourd, cliché, bourrin et d’un ennui abyssal. Une grosse déception… Et dire qu’il aurait suffit d’un bon script pour en faire une réussite.
A éviter si vous recherchez de la substance dans un film, à voir si le visionnage d’un “bel objet” suffit à occuper l’une de vos soirées.

Allez plutôt voir le très onirique (sic) “La science des rêves” de Michel Gondry… Très différent de “Eternal Sunshine of the Spotless Mind” (un véritable chef d’oeuvre, le meilleur rôle de Jim Carrey), moins désespéré et moins poignant, mais terriblement touchant et poétique. L’excellent Gael Garcia Bernal, acteur mexicain fétiche du réalisateur Inarittu (Amours chiennes, Babel), y campe un jeune franco-mexicain (Stéphane Miroux) qui revient à Paris après le décès de son mexicain de père. Il revient habiter dans l’appartement de sa mère (Miou-Miou), laquelle lui indique aussi la possibilité d’un job à prendre dans une fabrique de calendriers ringards où officie un Alain Chabat absolument déjanté (et génial !). Peu confiant en lui, grand timide pas encore tout à fait mûr, Stéphane fuit la vie pour se réfugier dans le monde du rêve. C’est une “maladie”, dit-on… L’incapacité de distinguer la réalité du monde du rêve… Un handicap qui va mettre notre héros dans des situations plus qu’embarassantes avec sa nouvelle voisine, la très belle et très imaginative Stéphanie (Charlotte Gainsbourg). Une vraie bouffée d’oxygène que ce film tendre qui nous rappelle que nous avons tous, quelque part, encore une âme d’enfant. Une vraie leçon de tolérance et d’amour. A ne pas manquer !

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“Hmmmmmm, pop-corn…”

Ceux d’entre-vous qui me connaissent, connaissent aussi l’amour que je porte aux Simpsons depuis bien plus d’une décennie. J’ai fréquemment rendu hommage à cette grande série qui m’a fait passer tant de grands moments. Ce concentré de bonne humeur est depuis quelques temps, comme vous le savez, disponible en coffrets DVD (la saison 7 à peine sortie, la 8ème est d’ores et déjà annoncée pour la rentrée…. la FOX accélère enfin ses sorties, Dieu merci). Il est impensable de se priver de ces petits bijoux débordant de bonus (les “animatiques”, storyboards, scènes coupées, commentaires audio à pisser de rire) et qui nous permettent de revoir avec une joie non feinte les aventures de notre famille américaine préférée. Je ne sais pas pour vous, mais même si les dernières saisons sont en The Simpsons Movieforte baisse au niveau de la qualité d’écriture (la saison 17 signait cependant un mieux assez marqué, à mon sens), j’ai beaucoup du mal à imaginer l’absence de nouveaux épisodes… Après tout, la création animée de Matt Groening m’aura accompagné plus de la moitié de mon existance. Y a comme qui dirait un lien qui s’est tissé au fil des années entre ces créatures jaunes aux yeux globuleux et mon petit coeur amoureux de show télés de qualité. Pour le meilleur et pour le pire. On finit toujours par s’attacher.

Bon, j’en vient au sujet principal de ce post. On savait depuis 1993 qu’un projet de long-métrage animé des “Simpsons” titillait leurs créateurs. Groening ne voulant pas jeter son bébé en pâture àla première occaz’ venue, il avait conditionné l’existence du projet à l’écriture d’un scénario en béton armé. Le script ayant convaincu l’auteur (un “draft” signé par les scénaristes les plus célèbres de la série - Al Jean, Mike Reiss, John Swartzwelder, David Mirkin, Ian Maxtone-Graham, George Meyer, Matt Selman, Mike Scully et Jon Vitti - ainsi que par l’auteur lui-même et le producteur James L. Brooks), le film a été mis réellement en chantier en parallèle de la saison 17. Rapidement, les noms de quelques guests sont annoncés (Albert Brooks, Minnie Driver, Erin Brockovich, Kelsey “Sideshow Bob” Grammer ou encore Joe “Fat Tony” Mantegna), ainsi que l’incorporation d’un compositeur tout neuf dans l’univers des Simspons… Hans Zimmer ! J’ai beau aimer ce compositeur, je trouve ce choix plutôt curieux. Bref, malgré ces quelques révélations épisodiques, rien ne filtrait vraiment sur la production du film et son scénario. Jusqu’à ce que James L. Brooks ait l’idée de faire cadeau aux fans d’un tout premier teaser, diffusé en première partie de “Ice Age 2″. Une idée marketing géniale, dans l’esprit de la série au niveau de son contenu (je ne m’en lasse pas, pour ma part ! ^^; ). Un gros buzz s’en suit, suivi peu après d’une conférence très attendue au célèbre Comic Con 2006 de San Diego, à laquelle participaient notamment James L. Brooks et Al Jean (un des scénaristes vétérans de la série). Ils ne sont pas arrivés les mains vides face aux fans, mais bien avec deux courts extraits du film au stade de l’”animatique” (un storyboard vaguement animé, donnant une idée du rythme d’une scène). Vous les trouverez sur cette page. Dépêchez-vous de les regarder si cela vous intéresse, car la FOX écume les sites web hébergeant ces vidéos afin de les faire disparaître.

Je n’aurais qu’une chose à dire en conclusion : “Hmmmmmmm, juillet 2007…”

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Grands nez et nez cassés !

Encore un titre de post pour le moins énigmatique, me direz-vous. Que nenni, vous allez très vite deviner de quoi je parle (enfin, pour le “nez cassé” il vous faudra aller voir le film tout de même :p ).

Le bonheur de vivre à Paris, c’est de pouvoir se livrer à toutes les expériences, a toutes les possibilités de divertissement. Quand on aime l’art, Paris is the place to be. Monuments, musées, cinéma, théâtre… Le bonheur absolu en ce qui me concerne. Si j’ai toujours aimé la scène, cela faisait bien dix ans que je n’avais plus remis les pieds dans un théâtre. Ma dernière pièce devait être “Les fourberies de Scapin” de Molière, si j’ai bonne mémoire. Une très bonne expérience, non renouvellée depuis… je ne sais pour quelle raison. On a pas forcément le réflexe “théâtre”, et c’est un tort. Le théâtre revêt dans notre esprit une fausse impression poussiéreuse, jaunie et pédante. Le théâtre, ce n’est pas que de la tragédie grecque ou d’obscures pièces expérimentales… Comme au cinéma, on peut y trouver de tout et aussi n’importe quoi. Il y a la possibilité de faire son choix. Pour ma part, pour mon retour vers les “trois coups”, j’ai opté pour une pièce à la fois classique et avant-gardiste : “Cyrano“, au théâtre de la Gaité Montparnasse.

CyranoAu programme, trois acteurs qui jouent les scènes les plus mémorables du chef d’oeuvre d’Edmond Rostand… sans vrais décors et sans vrais costumes (les acteurs ont leurs vêtements du 21ème siècle et revêtent de temps à autres quelques artifices, costumes réduits à l’état de symboles) mais avec… un pianiste complètement barré et une vraie authenticité ! En tête d’affiche, l’immense Jacques Weber. Quelle claque de voir un acteur habité de si près. Maniant le verbe avec élégance, on pouvait sentir tout son être vibrer une fois dans la peau des divers personnages qu’il interprétait. Il était admirablement secondé dans toute sa splendeur par deux de ses “élèves”, Xavier Thiam et Anne Suarez, qui apportent toute leur énergie et leur fraîcheur à un ensemble surprenant mais maîtrisé. Un vrai bonheur, visiblement partagé avec l’acteur Dominique Pinon (Délicatessen, Alien 4, Amélie Poulain, Dikkenek) qui se trouvait juste derrière nous ! Bref, j’ai renoué avec le théâtre de la plus belle des manières et je m’en voudrais d’en rester là après une aussi belle soirée. Mention spéciale pour le texte de Rostand… J’avais oublié à quel point il était sublime, ciselé comme un diamant.

Dans un tout autre registre, j’ai découvert hier le film “Lucky Number Slevin” à l’UGC Ciné Cité Bercy.
Je n’avais eu que de bons échos sur ce film, alors que la bande-annonce me faisait penser davantage à un nanar de série B au casting 4 étoiles (Josh Hartnett, Morgan Freeman, Ben Kingsley, Bruce Willis, Danny Aiello, Robert Forster). Une excellente surprise au final, avec une construction et un montage rappelant les meilleurs Tarantino et Guy Ritchie, même si l’on reste encore loin de la maestria scénaristique et visuelle d’un “Pulp Fiction” ou d’un “Arnaques, crimes et botanique”.
Slevin“La vie n’est pas tendre avec Slevin (Josh Hartnett). En quelques jours, ce jeune homme a perdu son appartement, découvert que sa petite amie le trompait, et s’est fait voler ses papiers. Décidé à souffler un peu, Slevin s’envole vers New York, où il va habiter quelque temps l’appartement d’un copain, Nick Fisher. La poisse ne va pas le lâcher pour autant, bien au contraire… Le milieu new-yorkais est en ébullition. Deux de ses plus grands parrains, le Rabbin (Ben Kingsley) et le Boss (Morgan Freeman), se livrent une guerre sans pitié. Autrefois complices, ils sont devenus les pires ennemis. Pour venger l’assassinat de son fils, le Boss est décidé à faire tuer celui du Rabbin. Il a chargé Goodkat (Bruce Willis) de l’affaire. Celui-ci, réputé pour être le meilleur “hitman” au monde, a un plan très simple : trouver quelqu’un qui doit énormément d’argent au Boss et l’obliger à exécuter la besogne en échange d’une annulation de dette. Le candidat idéal est… Nick Fisher…”
Certes, on pourra toujours gloser sur la fin un peu poussive et “tape à l’oeil”, mais le film est sincère sans se prendre trop au sérieux, et on est ravi de voir Josh Hartnett endosser son meilleur rôle, les deux vétérans Freeman et Kingsley cabotiner comme des débutants et Bruce Willis se jouer indirectement de son image avec un rôle froid mais non dénué d’un certain humour second degré assez croustillant. Une très bonne surprise en fin de compte… Sans être un chef d’oeuvre, juste un bon moment passé au cinoche. C’est parfois tout ce qu’on demande, pas vrai ?

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C’est dans les vieilles casseroles…

En analysant les sorties cinéma de ces derniers temps, on se rend compte que l’originalité des projets n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Hormis quelques exceptions, on assiste en effet au recyclage en règle de grands classiques télévisuels et cinématographiques. Ce n’est pas forcément péjoratif, même s’il faut reconnaître que les réussites dans le domaine sont plutôt rares.

Les

Parmi tous ces projets qui vont débouler dans nos salles obscures, on peut citer le nouveau “Rocky” (avant “Rambo IV”, sic!). Eh oui, à 60 balais (fêtés au début du mois) Sylvester Stallone remet le couvert avec un film sobrement intitulé “Rocky Balboa“. Ne riez pas, au fond de la salle là, je vous entend d’ici ! Figurez vous que ce projet semble moins ridicule qu’on ne pourrait le croire. Disons en tous cas que la bande-annonce laisse augurer un scénario un peu plus sincère et moins commercial que l’ensemble des dernières déclinaisons cinématographiques des aventures de “L’étalon italien”. Après visionnage de ce premier trailer, moi qui en suis resté à “Rocky - L’oeil du Tigre”, je dis pourquoi pas.
Plus étrange, un nouveau film en images de synthèses sur nos chères “Tortues Ninja“. Là aussi, on pouvait craindre le pire et je trouve que le rendu très comic book, l’animation fluide et énergique et l’humour laisse entrevoir la possibilité d’une réussite. Vous pouvez vous faire votre propre opinion ici . Autre projet tiré d’un dessin animé célèbre, celui du film live de “Transformers” par… Michael Bay (Bad Boys, Armageddon, Pearl Harbor… et autres films subtils). De quoi être inquiet, donc. Mais le tout premier teaser du film disponible sur le site officiel rassure quelque peu avec son athmosphère inquiétante et froide. Difficile de se faire une idée vraiment précise, cela dit. Il faudra attendre la première véritable bande-annonce, et surtout voir le film prévu pour l’été 2007.
Dans la famille “j’adapte une série télé à succès des années 80″, j’appelle le dernier né : “Miami Vice“. Si si, souvenez-vous, “Deux Flics à Miami”. Bon, j’avoue n’avoir jamais suivi cette série à l’époque de sa diffusion… Jamais réussi à accrocher, bizarremment. Pourtant, le projet de son adaptation cinématographique m’enthousiasme. Pourquoi ? Eh bien parceque pour la première fois dans ce type d’adaptation, c’est le créateur de la série qui se retrouve derrière la caméra et que ce créateur est tout simplement l’un de mes réalisateurs fétiches. J’attends toujours les projets de Michael Mann avec une grande impatience après avoir découvert son crépusculaire “Heat” avec De Niro et Pacino en 95. Depuis, il ne m’a jamais déçu, que ce soit avec “Révélations”, “Ali” ou encore “Collateral” (peut-être le meilleur rôle de la carrière de Tom Cruise, à la lutte avec “Magnolia”). Je pars confiant, donc, même si je dois vous avouer que le premier teaser m’a laissé de glace… J’aime beaucoup Collin Farrell et Jamie Foxx, mais là j’ai eu l’impression de voir une annonce pour un film d’action de seconde zone. La bande-annonce définitive m’a tout de même rassuré, j’y retrouve davantage le style de Mann (aahh, ces scènes nocturnes…).

Bond... James Bond.

Au milieu de ce tourbillon de recyclages en tous genres, un projet m’inspire un peu plus que les autres : “Casino Royale“. Alors, pour mettre les choses au clair : je n’ai jamais été un grand fan de l’agent 007. Tout au plus ai-je visionné sans déplaisir nombre de ses aventures, que ce soit sous les traits de Sean Connery, Roger Moore ou encore Timothy Dalton… Du grand spectacle, des pop corn movies invraisemblables mais fun. Mais voilà, malgré toute la sympathie que j’ai pour Pierce Brosnan (qui physiquement campe un 007 parfait), je trouve que son manque de charisme et son jeu ont quelque peu carricaturé le plus célèbre agent secret du monde. Les scénarii et leur mise en scène ne m’ont pas aidé à m’imerger davantage dans cet univers… “Golden eye” m’a fait rire, “Le monde ne suffit pas” et “Demain ne meurt jamais” m’ont… affligés. Bref, la vodka martini c’est pas trop mon truc. Jusqu’à “Casino Royale” ? J’avais aimé le film éponyme de 1967 avec Peter Sellers, David Niven, Woody Allen ou encore Orson Welles… mais il s’agissait plus d’une farce décallée qu’un vértiable “James Bond” au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Comme pour accentuer la nature particulière de ce nouvel opus et souligner le virage pris par la saga, c’est à une nouvelle adaptation de cette première aventure de l’agent séducteur que nous allons assister. Si les puristes crient au scandale, je ne peux que me réjouir du choix de Daniel Craig (les fans auraient préférés Clive Owen). Enfin une vraie gueule, un gossbo qui n’en est pas un. Une gueule d’ange cassée. Y a de la force et de la détermination dans ce visage là. J’aime le principe d’un James Bond plus “ordinaire” physiquement et plus animal dans sa démarche. Impitoyable, déterminé, violent. Dans la très prometteuse bande-annonce , Bond est décrit comme un “instrument sanguinaire”, un “hitman”. J’aime l’idée d’un film plus noir et plus respectueux des romans d’origine. Surprise, le film est réalisé par Martin Campbell, déjà auteur du piteux “Golden Eye”. Prudence donc, même si les premières images sont impressionnantes. Rendez-vous en novembre 2007 pour être définitivement fixé.

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A Pixar, les rats quittent les bagnoles !

Un nouveau Pixar, c’est toujours un évènement. Une date cerclée de rouge sur le calendrier pour tout fan d’animation qui se respecte. C’est dire avec quelle impatience j’attendais il y a quelques mois l’Intégrale des oeuvres du studio en coffret DVD. Ah quel plaisir de se replonger dans tous ces chef d’oeuvres ! Bon, j’avoue avoir été un chouïa déçu par “Les Indestructibles”. Trop opaque de par sa thématique, qui s’adresse selon moi avant tout aux afficionados de comics américains purs et durs. N’étant pas très “impliqué” dans cet univers, je dois reconnaître qu’une partie des références et une partie de l’ambiance du film me sont complètement passés au-dessus de la tête. Le visionnage fut un bon moment en soi, mais relativement vite oublié. Ce qui ne m’était jamais arrivé avec un film du studio de John Lasseter. Après cette semi-déception, j’étais plutôt perplexe en découvrant d’immenses affiches dans le métro proclamant “Cars” comme étant le plus fabuleux Pixar à ce jour.

Si le film de John Lasseter n’était en fin de compte pas le meilleur Pixar pour moi (J’ai une nette préférence pour les deux “Toy Sory”, mais aussi “A Bug’s Life” aka “1001 Pattes”), ce long-métrage m’a néanmoins complètement séduit. Si le scénario, à l’image d’un “Finding Nemo”, se fait plus “disneyien” par son côté “émotion à outrance”, la sincérité et le talent des auteurs évite au projet de tomber dans la mièvrerie que certains esprits chagrins semblaient percevoir dans les aventures du petit poisson clown. Plus que le sympathique script de départ, saluons la performance technique… Quelle claque, mes aïeux ! Tout est si beau et si réel qu’on en vient à oublier au cours du film que nous sommes en train de regarder un long-métrage d’animation. Un comble, quand les héros du film sont des voitures qui parlent n’est-ce pas ? Les décors sont absolument somptueux, embellis par une mise en scène inspirée et amoureuse de son sujet. Je en suis pas prêt d’oublier la scène de course en ouverture. Du grand Lasseter, à coup sûr ! Saluons au passage l’influence prépondérante sur le projet du regretté Joe Ranft, décédé prématurément dans un accident de voiture (ironie du sort…) durant la production du film. La filmographie Pixar doit énormément à son talent, sa vision unique et son enthousiasme. En plus d’être un storyboardeur et un dialoguiste de génie, il était aussi excellent comédien comme le prouvent ses participations au doublage de certains films du studio (il avait noamment prêté sa voix au pingouin Whezzy dans “Toy Story 2″, Heimlich la chenille dans “1001 Pattes” et à Red dans “Cars”). Pour les propriétaires du coffret DVD “Intégrale” du studio, ne manquez pas de regarder les nombreux bonus où intervient Joe Ranft (les “making-of”, avec les inoubliables lectures de story-board !). Ayant découvert l’ampleur de l’apport de cet homme aux films Pixar, inutile de vous dire que sa disparition me préoccupe plutôt pas mal. Et après avoir savouré son ultime coup de génie, que penser du prochain effort du studio ?

Eh bien le visionnage du premier teaser de “Ratatouille” me laisse une impression plutôt positive ! Voire même plus, il me laisse carrément enthousiaste. Suffisamment pour me donner envie d’en parler dans ce post, en tous les cas. Le synopsis m’a l’air très drôle - un rat gastronome planqué dans les cuisines d’un grand restaurant parisien - et la qualité technique une nouvelle fois bluffante. Jugez par vous mêmes, le teaser en top qualité est disponible ici. Moi je dis : Vivement l’été 2007 ! En attendant “Toy Story 3″, oeuf corse.

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