Keroro Gunsô… De arimasu !

A l’occasion de la sortie annoncée du premier volume de “Keroro Gunsô” aux éditions Kana (en mai prochain), je vous propose de revenir brièvement sur l’un de mes plus gros coups de coeur de ces années en animation japonaise.

“Keroro”, kezako ? Le Sergent Keroro, petit extraterrestre à l’apparence batracienne tout droit de la planète Keron, débarque sur Terre à la tête d’une unité spéciale, avant-garde d’élite qui a secrètement infiltré la planète afin d’estimer le potentiel humain en vue d’une invasion future. Sous les ordres de Keroro, le Sergent Major Kururu (geek glauque et complotteur, toujours à l’affût d’une invention débile), le Caporal Giroro (âpre guerrier au grand coeur, fanatique des armes et du combat), le Soldat de Première Classe Dororo (ninja noble et droit… mais éternel laissé pour compte !) et le soldat Tamama (petit être fragile et kawaï, passionné par les sucreries et le junk food… qui dissimule une double personnalité à la jalousie mortelle !!). Nos jours sont comptés !! Enfin… C’était censé être le plan. Malheureusement pour nos minables visiteurs venus d’ailleurs, l’opération programmée s’avère être le plus gros fiasco de l’histoire galactique. En effet, la petite troupe de Keroro est dispersée et ses membres disparaissent un à un. Il n’en faut guère plus à la flotte keronienne, stationnée dans le ciel, pour prendre la poudre d’escampette et abandonner Keroro et ses amis à leur triste sort sur Terre.

Alors que Giroro arpente la planète pour retrouver ses compagnons, ces derniers ont vite fait de poser leurs valises ! Tamama est recueilli par Momoka, une fille de milliardaire pourrie-gâtée qui n’a d’yeux que pour Fuyuki Hinata. Elle a la particularité d’avoir le même soucis que le keronien… Une double personnalité envahissante et violente ! Dororo, lui, trouve l’amie idéale en Koyuki, une jeune ninja qui vit en hermite dans les bois, tandis que Kururu trouve refuge chez le bellâtre Mutsumi (appelé Saburô, dans l’anime), animateur radio amateur pour lequel se pâme Natsumi Hinata, sa compagne de classe et soeur aînée de Fuyuki. Vous suivez toujours ? Keroro, lui, est capturé par la famille Hinata qu’il croyait espionner en toute tranquilité. Ils le le considèreront dès lors comme leur animal domestique… ou leur esclave, c’est selon. En effet, c’est sans compter les tâches ménagères plus ingrates les unes que les autres auxquelles Keroro doit se plier, tout en s’adonnant à toutes sortes d’occupations curieuses (on pense notamment à sa passion pour les maquettes de Gundam !!) une fois reclus dans la cave qui lui sert de chambre. Le keronien prend son mal en patience et fomente sa revanche. Car l’obstinée créature n’a pas renoncé à son objectif premier, d’autant que les membres de son unité ne sont pas loin. Le sergent et ses compagnons parviendront-ils à surmonter toutes les humiliations et accomplir leur mission ? Que Dieu vienne en aide à l’humanité !


Le méchant-pas-bô de ce chapitre du manga devrait éveiller en vous quelques souvenirs… ^^

Attention, titre culte ! Prépublié dans Shônen Ace depuis 1999, “Keroro Gunsô” (Sergent Keroro) est l’un des mangas les plus populaires de ces 10 dernières années au Japon. L’œuvre humoristique de Yoshizaki Mine aura mis un peu de tems avant de se forger la réputation enviable qui est la sienne aujourd’hui auprès des férus d’humour délirant et référentiel. En réalisant au bout du compte ce que peu de mangas étaient parvenu à faire jusqu’alors, à savoir fédérer tous les publics et toutes les générations de lecteurs, “Keroro Gunsô” intéressa les diffuseurs et c’est ainsi que TV Tokyo commandait en 2004 une première série de 51 épisodes au légendaire studio Sunrise (Gundam, City Hunter, Escflowne, Cowboy Bebop).


Cette parodie ne vous évoque t-elle pas un célèbre manga ?^^

Si le manga est davantage axé sur un public adulte, de connaisseurs, avec de nombreux passages fan service, l’anime s’attache quant à lui à toucher un public plus large, en édulcorant ou éliminant tous les excès du support papier. Sans y perdre au change, bien au contraire. Tous sont tombés amoureux de cette oeuvre : des enfants (attirés par l’aspect mignon des personnages, la trâme drôle et pleine de légèreté et l’univers infini des goodies qui s’offre à eux) aux parents (sous le charme des références inombrables aux animes et séries de leur enfance, de Gundam à Cobra, en passant par Uchû Gaban/X-Or, Bioman, Urusei Yatsura ou encore Hokuto no Ken, mais également conquit par un humour délirant et dévastateur avec des gags dont le second niveau de lecture leur est souvent réservé) en passant par les otakus (pour les goodies et les références). Le marché est inondé de produits dérivés en tous genre, dont le succès démentiel atteste de la réalité du phénomène de société en marche.

La grande force de l’animé est d’avoir si tirer profit de toutes les qualités inhérentes au matériel de base, en éliminant systématiquement les défauts et autres éléments inutiles tout en développant largement les gags et, plus largement, en retravaillant entièrement la mise en scène et la narration (ce processus de création peut être observé notamment au travers du narrateur, véritable personnage à part entière). Le tout avec un maximum de respect pour l’oeuvre d’origine. Ce travail d’enrichissement est dû essentiellement à l’immense Jun’ichi Satô (Les Petits Malins, Sailor Moon, Strange Dawn, Pretear, Princess Tutu, Kaleido Star), spécialiste des univers kawaï et dont l’univers parodique naturel se marie à merveille avec le manga de Yoshizaki Mine. Supervisant l’intégralité de la production, il a su donner une touche unique à un animé qui aurait pu se borner à une adaptation plan-plan. Son rôle fut primordial également dans le choix des seiyuu, les comédiens de doublage. Force est de constater qu’il s’agit de l’un des points forts de l’anime tant l’interprétation est impressionnante.

Casting quatre étoiles au programme : Kumiko Watanabe (Jun Yamano dans “Yoroïden Samurai Troopers”, Shippo dans “Inu Yasha”, Fukurô dans “One Piece”, ) est hallucinante dans la peau de Keroro , Jôji Nakata (Folken dans “Escaflowne”, Monte-Cristo dans “Gankutsuô”, Allucard dans “Hellsing”, Roy Levant dans “Solty Rei”) donne toute sa noblesse mature à Giroro, Takehito Koyasu (Gai dans “Shurato”‘, Rhadamanthe dans “Saint Seiya Hades”, Seishirô Sakurazuka dans “Tokyo Babylon”, Rezo dans “Slayers”, Ryôsuke Takahashi dans “Initial D”, Bobobo-bo Bo-bobo dans “Bobobo-bo Bo-bobo”) interprète l’inquiétant Kururu, Takeshi Kusao (Trunks dans “Dragonball Z”, Parn dans “Lodoss-tô senki”, Sakuragi Hanamichi dans “Slam Dunk”, Yota Moteuchi dans “Video Girl Aï”, Kôgaiji dans “Gensômaden Saiyûki”, Ishimatsu dans “Ring ni Kakero”, Shura dans “Saint Seiya Hades”) double Dororo et enfin Etsuko Kozakura (Yoriko Nikaido dans “You’re under arrest”, Ryo-Ôki dans “Tenchi Muyo!”, Arielle dans “El Hazard”, Mirumo dans “Wagamama Fairy Mirumo de Pon!”) est LE Tamama qu’on rêvait entendre. Vous n’avez pas fini de rire en écoutant leurs interprétations déjantées !

Le succès, au Japon, est réellement démentiel (j’ai pu m’en assurer lors de mon séjour sur place il y a un an) tandis que le bouche à oreille fait son effet parmi les animefans du monde entier. Ceux-ci commencent peu à peu à succomber au charme imparable du programme. La Corée, la Chine, les USA et l’Italie ont déjà craqué… Alors qu’au Pays du Soleil Levant la série entre dans sa quatrième saison (après plus de 150 épisodes, plusieurs génériques de début et de fin absolument géniaux, et deux long-métrage !) et que le manga en est à son quatorzième volume, c’est au tour de la France d’accueillir la tornade keronienne. Avec la diffusion des premiers épisodes en français sur Teletoon (TPS) depuis septembre 2006 (?) et l’aquisition du manga par Dargaud / Kana.

Le volume 1 français

Vous vous dites certainement “Oh mon Dieu, quelle couverture abominable” et vous n’avez pas foncièrement tort. Mais il serait dommage de ne pas vous précipiter sur ce volume français à sa sortie le 18 mais prochain sur base de ce jugement. Bien sûr, les keroniens des 3-4 premiers tomes du manga ont un design désastreux… Mais l’humour détonnant est déjà présent, et vous serez ravis de voir le design évoluer nettement (sous l’influence de l’animé certainement ?) pour trouver sa forme parfaite dès le cinquième tome environ. Soyons donc indulgent avec le design de ces premiers volumes, le meilleur vous attend avec la suite. Et si vous avez du mal à vous motiver, je ne saurais que trop vous conseiller de vous procurer l’anime… Les différences (de narration, de mise en scène, les inédits…) entre le manga et l’anime sont parfois si riches qu’il n’est pas stupide de les considérer comme deux oeuvres différentes, vous prendrez donc autant de plaisir à découvrir les deux supports en parallèle. C’est mon cas… Même si j’avoue avoir une nette préférence pour l’anime, pour toutes les raisons citées dans ce billet.

Donnez une chance au Sergent Keroro, vous ne le regretterez pas… de arimasu !

Un commentaire »

  1. omni nous dit :

    24 mars 2007 à 9:33

    Juste un gros merci à toi pour m’avoir fait découvrir cet animé ! Rythmé, délirant, hilarant … un must !

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