Made in Astier ? Pas de la Kaamelott !

Oui, je suis lucide… Je le reconnais… Je l’avoue sans détour… Je vous parlerai franchement… J’irai droit au but…
Je suis un fan de “Kaamelott”.

Il s’agit tout simplement pour moi de ce qui se fait de mieux à la télévision française actuellement… et lus largement de ce qui s’est fait de mieux depuis des décennies ! Couplant une écriture brillante, mêlant un humour à la fois simple et raffiné à une véritable tendresse et profondeur, au jeu d’une troupe d’acteurs euphoriques et attachants, “Kaamelott” n’aura pas traîné à faire oublier “Caméra Café”. Oui, Alexandre Astier a su donner toute l’attention et l’affection requise par tous ces personnages hauts en couleur qui nous font hurler de rire depuis quatre saisons déjà. Arthur, le Roi affligé, Perceval et son affligeante bêtise, Karadoc, son appétit ahurissant et sa déconcertante simplicité, Leodagan et ses coups de sang, Merlin et son incommensurable incompétence… Putain, quel pied.

Dès lors, quand il s’est agit de me rendre avec Nao au Salon du Livre aujourd’hui afin de rencontrer Astier himself, inutile de vous dire que je n’ai pas hésité longtemps. Je vous propose d’ailleurs, une fois votre curiosité satisfaite par ce billet, de prendre connaissance du très bon compte rendu de l’évènement sur le blog de Gilles.
Nous avons donc bravé la foule et dégoté une chtite place au stand Virgin à 15h30 où Alexandre Astier et Eric Le Nabour venaient nous parler de leur livre, disponible en exclusivité sur le salon : “Kaamelott - Au coeur du Moyen-Âge Tome 1″. Une bonne heure, animée par un journaliste, qui a vu un Astier tout à fait à l’aise, lucide et à la répartie aiguisée. Après quelques propos intéressants sur la conception de la série et les partis pris d’Astier par rapport à la légende Arthurienne, quelques petits scoops en exclu mondiâââle révélés par le créateur lui-même :
- La saison 6 sera intégralement consacrée au passé des personnages, explorant les origines de Kaamelott et la destinée qui a rassemblé tous ces personnages en un même lieu. Il sera donc notamment question du long séjour romain d’Arthur…
- Un nouveau personnage dans la saison 5 : le frère de Bohort. Petite hyppothèse de ma part…Benoït Poelvoorde ? ^^
- Le Livre V, qui débutera avec les deux épisodes spéciaux de 52 min., sera diffusé à la fin des vacances de Pâques.

L'ouvrage du jour !Après cette petite conférence bien sympathique, Nao et moi-même filons vers le stand Perrin où est prévue une séance de dédicace du livre précité. Après avoir acheté l’ouvrage, nous nous plaçons dans la file… avec la désagréable impression de nous être fait gruger par des jeanfoutres que les scrupules n’étouffent pas… A savoir des mecs qui s’incrustent dès qu’ils le peuvent, au nez et à la barbe des gens qui attendent religieusement depuis 30-45minutes la chance de pouvoir féliciter Astier. Heureusement, le temps passe relativement vite, et nous avons le loisir de jaser sur l’apparition très sympathique de l’excellent François Rollin (le Roi Loth d’Orcanie, dans la série !) venu sur le salon pour dédicacer un bouquin de sa composition.

Enfin, le moment arrive… Après m’être fait dédicacé le bouquin par le pauvre Eric Le Nabour dont le public se fichait presque complètement, j’approchais le maître…
- “J’avais pensé vous déclamer un texte de félicitations en langue burgonde, mais je crains que ça ne vous mette mal à l’aise… et que ça me foute trop la gêne par dessus le marché !
Astier éclate d’un rire qui fait plaisir à voir. J’étais ravis d’avoir pu approcher d’aussi près cet auteur de grand talent, souriant et trèèès disponible et patient pour ses fans (et de la patience, il en faut pour se coltiner avec le sourire les requêtes des groupes de fanboys gothico-elfiques venu en nombre pour soutenir leur idôle…). Après m’avoir dédicacé l’ouvrage, je lui demande humblement - comme de nombreuses personnes avant moi - s’il était disposé à poser quelques secondes avec moi pour une chtite photo . Astier se prête au jeu avec entrain et sympathie… Clic clac, Nao derrière l’objectif pour un beau cliché souvenir.

C’est au tour du Nao de se présenter. J’observe la scène. C’est avec beaucoup d’humilité et avec l’enthousiasme qui le caractérise qu’il s’empresse de remercier Astier pour cette série géniale, et surtout pour ce Livre IV beaucoup plus sombre. Et là, quelque chose se passe… Astier relève la tête, en pleine signature, écarquille les yeux… On pourrait presque y voir des étoiles ! Ce commentaire semblait arriver presque comme une aubaine (”enfin, quelqu’un qui m’en parle… et pas toujours ces mêmes avis sur l’aspect comique en baisse par rapport au Livre I” s’est-il dit, sans doute). Une séance de dédicaces bien sympaAstier remercie Gilles et lui conseille, du coup, “de ne surtout pas manquer le Livre V !”. Icing on the cake, Astier pose aux côtés de Gilles… Moment que j’immortalise à mon tour avec l’appareil numérique providentiel.

Bref, un très bon moment… Et un soulagement, quelque part, de savoir que l’auteur d’une de mes séries fétiches est aussi charmant et accessible. L’esprit encore un peu embrumé, Nao et moi-même errons dans le salon… Et c’est de justesse que j’empêche mon collègue de rentrer dans le bide à … Roger Hanin ! Navarro qui, quelques mètres plus loin, s’en allait serrer la main à François Rollin et Pierre Mondy, côte à côté sur le stand de leur éditeur pour les dédicaces de leur ouvrage respectif. On se croirait à St Trop’, avec toutes ces célébrités.

Après quelques petits tours supplémentaires dans l’immense hall d’expositions, je quittais les lieux avec mon bouquin sous le bras, avec quelques petits souvenir bien sympa… Fin prêt à engloutir les deux spéciaux d’avril qui vont inaugurer de fort belle manière, j’en suis sûr, le livre V de “Kaamelott”. La nouvelle coqueluche de mes zygomatiques.
- “C’est pas faux !”

Merci, Perceval, pour ce magnifique mot de la fin.

6 commentaires »

  1. Nao nous dit :

    25 mars 2007 à 1:38

    C’est drôle, on a écrit nos impressions en même temps, on a raconté exactement les mêmes choses mais sous deux angles très différents ;)

    Au fait, Poelvoorde pour le frère de Bohort ? Ca m’étonnerait ! Il est (était ?) pressenti pour un rôle dans les prime, alors que le frère en question n’apparaît que dans la deuxième partie de la série ^^

  2. Arion nous dit :

    25 mars 2007 à 1:44

    C’est vrai, d’où l’intérêt des deux billets finalement. :)

    Quant au frère de Bohort et la participation de Poelvoorde, effectivement, tu as sans vraisemblablement raison. A moins que l’acteur belge n’apparaisse pas forcément dans les prime ? Ou alors c’était déjà acquis, ça ? Merde, on aurait dû poser ça comme question, à la conférence… ^0^;

  3. Nao nous dit :

    25 mars 2007 à 1:58

    Ouais, c’était un peu limite à la conférence ! Deux questions du public ! Deux ! Et c’est même pas par manque de temps : personne n’osait demander le micro… ;)

    En même temps, c’est peut-être pas plus mal quelque part : la conférence c’était sur “la réalité historique dans Kaamelott”, pas sur “les fans posent leurs questions perso à AA” ^^

  4. FrankoiZ nous dit :

    25 mars 2007 à 13:05

    1 / Ce compte-rendu est très intéressant. Appréciant également Kaameloot, j’ai été très attentif à ce que tu as (très bien) écrit.
    2 / Les premiers épisodes collaient pas mal au canon du cycle arthurien. Mais les derniers épisodes que j’ai vu commencaient à partir en sucette… Dommage. Surtout pour un fana comme moi (cf. prénom de mon fils ^^)
    3 / Le salon du livre pour rencontrer un acteur de série télé… Tu sautes sur toutes les occases Ludo :)
    4 / C’est Hugh Grant à côté d’Alexandre Astier ? ^^

  5. Nao nous dit :

    26 mars 2007 à 12:45

    2/ Allez hop, file direct lire le livre dont il est question ! Les légendes sont des oeuvres de fiction vaguement inspirées de la réalité, et sont donc faites pour être déformées au fil des raconteurs ! Ou alors rentre dans le fan-club des extrêmistes de JRR Tolkien :P
    3/ On saute sur toutes les occases pour rencontrer Alexandre Astier… “Même” le Salon du Livre. Qui n’était pas inintéressant, par ailleurs !

  6. FrankoiZ nous dit :

    26 mars 2007 à 21:51

    2 / Je suis bien d’accord avec toi. Les versions de Mallory et de Chrétien de Troyes (par exemple) sont très très différentes. Le propre du cycle arthurien est qu’il n’a pas été rédigé par un seul écrivain (au contraire du Seigneur des Anneaux). Il s’inspire d’une tradition orale celte et irlandaise toutes deux porteuses de valeurs fondamentales fortes.
    Il y a toutefois des constantes à toutes ces versions. A ce titre, le Lancelot d’Alexandre Astier (qui n’existe pas dans les versions primitives) est tellement fidèle à l’idée que je me fais de lui que je ris rien qu’à voir sa posture. Par contre, même si son Perceval est hilarant, je n’arrive pas à faire le “raccord”… Mais c’est un avis perso hein, je n’essaye pas de te convaincre.
    Juste pour être précis : je ne suis pas particulièrement fana de Tolkien et tout ce que son oeuvre véhicule.
    3 / C’était pour rire hein :)

  7. athemag nous dit :

    28 mars 2007 à 0:05

    Arion, ta description de Kaamelott est parfaite.
    Comme le remarque Perceval dans “le Tourment II”, ce qui est impressionnant, c’est l’amour qu’Arthur/Astier porte à ceux qui l’entourent/ses personnages. Jamais un atome de mépris (surtout pas pour le téléspectateur).
    Même exaspéré, il ne se lasse pas d’expliquer : “Péremptoire”, “la poétique d’Aristote”, “Cassandre n’est pas une folle c’est une pythie”, “la chevalerie c’est l’abnégation et l’empathie, les chevaliers sont incorruptibles”, “Légende, ce qui mérite d’être lu” etc…
    Pas pour se poser en donneur de leçons, même de morale, mais par désir sincère d’être compris, de partager. Il fait toujours confiance à priori à son interlocuteur, quitte à devoir traduire ensuite avec une inépuisable patience (si, si) quand c’est “chaud” (Opprimé??)
    Première fois que je vois à la télé une fiction dont un des thèmes principaux est : comment construire un récit, qu’est-ce qui vaut la peine d’être raconté, et est-ce que c’est vrai ce qu’on raconte ?
    Et c’est à mourir de rire.
    Astier : sa connaissance des textes arthuriens, évidente, est avant tout au service de son imagination et de sa puissance de création. Des épisodes comme “Le sanglier de Cornouailles” ou “la quinte juste” sont étonnants (et hilarants), avec leur point de départ complètement improbable (un détail des “Prophéties de Merlin” ou la notion d’intervalle dans la musique médiévale) - Fallait quand même oser !
    Le côté tourmenté et dépressif d’Arthur (”la visite d’Ygerne”) et aussi son interrogation “Est-ce qu’on peut être complètement con et avoir quand même une belle vie ?” me touchent beaucoup. Je trouve consolante la manière dont Kaamelott parle des “cons” et de la faiblesse humaine en général.
    Mes épisodes préférés (je n’ai presque rien vu du livre IV) sont l’impressionnant “Ivresse II” et “Legenda”, merveilleux ovni.
    Ce qui ne m’empêche pas de me tordre de rire pour la 70e fois devant la réaction d’Arthur lorsque Perceval se plaint d’être victime des colifichets, de trouver totalement communicative la joie de Perceval et Karadoc alchimistes, et d’adorer entendre Lancelot parler de la cuisson des blettes ou des Burgondes dégueulasses qui ramassent même pas leurs détritus.
    Tant et tant de grands, très grands moments. Je voudrais parler de tous mais il faut bien que je m’arrête, çà finirait par être soulant.

  8. athemag nous dit :

    28 mars 2007 à 0:31

    Arion, ta description de Kaamelott est parfaite.
    Comme le remarque Perceval dans “le Tourment II”, ce qui est impressionnant, c’est l’amour qu’Arthur/Astier porte à ceux qui l’entourent. Jamais un atome de mépris (surtout pas pour le téléspectateur).
    Même exaspéré, il ne se lasse pas d’expliquer : “Péremptoire”, “la poétique d’Aristote”, “Cassandre n’est pas une folle c’est une pythie”, “la chevalerie c’est l’abnégation et l’empathie, les chevaliers sont incorruptibles”, “Légende, ce qui mérite d’être lu” etc…
    Pas pour se poser en donneur de leçons, même de morale, mais par désir sincère d’être compris, de partager. Il fait toujours confiance à priori à son interlocuteur, quitte à devoir traduire ensuite avec une inépuisable patience (si, si) quand c’est “chaud” (Opprimé??)
    Première fois que je vois à la télé une fiction dont un des thèmes principaux est : comment construire un récit, qu’est-ce qui vaut la peine d’être raconté, et est-ce que c’est vrai ce qu’on raconte ?
    Et c’est à mourir de rire.
    Astier : sa connaissance des textes arthuriens, évidente, est avant tout au service de son imagination et de sa puissance de création. Des épisodes comme “Le sanglier de Cornouailles” ou “la quinte juste” sont étonnants (et hilarants), avec leur point de départ complètement improbable (un détail des “Prophéties de Merlin” ou la notion d’intervalle dans la musique médiévale) - Fallait quand même oser !
    Le côté tourmenté et dépressif d’Arthur (”la visite d’Ygerne”) et aussi son interrogation “Est-ce qu’on peut être complètement con et avoir quand même une belle vie ?” me touchent beaucoup. Je trouve consolante la manière dont Kaamelott parle des “cons” et de la faiblesse humaine en général.
    Mes épisodes préférés (je n’ai presque rien vu du livre IV) sont l’impressionnant “Ivresse II” et “Legenda”, merveilleux ovni.
    Ce qui ne m’empêche pas de me tordre de rire pour la 70e fois devant la réaction d’Arthur lorsque Perceval se plaint d’être victime des colifichets, de trouver totalement communicative la joie de Perceval et Karadoc alchimistes, et d’adorer entendre Lancelot parler de la cuisson des blettes ou des Burgondes dégueulasses qui ramassent même pas leurs détritus.
    Tant et tant de grands, très grands moments. Je voudrais parler de tous mais il faut bien que je m’arrête, çà finirait par être soulant.

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