Grosses bébêtes et vieux Bébel

Totoro
Grande nouvelle pour tous les amoureux d’oeuvres poétiques ! Tonari no Totoro (Mon voisin Totoro, 1988) de Hayao Miyazaki et Heisei tanuki gassen Pompoko (Pompoko, 1994) de Isao Takahata sont enfin disponibles en DVD. Studio Ghibli est beau, Studio Ghibli est grand !! Je me les suis évidemment pris dès que je les ai apperçu en tête de gondole à la FNAC Saint Lazare tout à l’heure.

Dieu que c’est bon de pouvoir savourer une nouvelle fois toute la magie nostalgique d’un “Totoro”, film incarnant à la perfection tous les rêves et les souvenirs de l’enfance… Du concentré de bonheur en 1h30 d’animation. Un monument du cinéma, à placer aux côtés des plus grands Disney. On appréciera aussi de replonger dans le conte magnifiquement poignant des tanuki, ces espèces de blaireaux du folklore japonais chers à Takahata, illustrant un portrait sans fard des désastres écologiques causés par les Hommes. Aussi magnifiques que soient ces deux long-métrages, il ne s’adressent pas aux mêmes publics. Si “Totoro” ravira petits et grands par son insouciante légèreté, son bonheur communicatif et son récit pétri de nostalgie, “Pompoko” est un peu plus dur, plus “cérébral”, avec son propos sans appel suscitant débat et réflexions. Si les enfants tomberont inévitablement sous le charme des adorables petites bébêtes de poils transformistes, la lenteur du film et son ton quelque peu désespéré risque de les égarer en cours de visionnage… Les adultes, quant à eux, éprouveront bien des difficultés à garder leurs yeux totalement secs. Deux genres différents, mais deux chef-d’oeuvres absolus à posséder absolument. Magnifique mais terriblement triste pour ce qui concerne “Pompoko”. Une maxime qui s’applique parfaitement au sublime et crépusculaire “Tombeau des Lucioles”, autre monument de Takahata qui fut produit en même temps que… “Totoro” !

Pompoko

Bon, au passage je me suis pris deux petites galettes d’un tout autre genre. “Pierrot le fou” de Jean-Luc Godard, tout d’abord. Ca faisait longtemps que je souhaitais découvrir ce chef d’oeuvre de la Nouvelle Vague qui a tant révolutionné à sa manière le cinéma et inspiré des tonnes de grands cinéastes en herbe.
“Ferdinand (Jean-Paul Belmondo) renoue des relations avec Marianne, une jeune étudiante qu’il a jadis aimée. Et le voilà embarqué dans une histoire de fou : un cadavre dont il faut se débarasser, des bandes rivales, un hold up. Une sorte de série noire absurde qui l’entraîne inéluctablement vers la mort…”
Comme d’habitude avec Godard, ce film est une succession de scenettes, de moments saisis au vol, un immense collage de clichés instantanés… Un assemblage intuitif de scènes poussant l’abstraction et la poésie à leur paroxysme. Un rôle en or pour un Belmondo très intense. Notre Bébel national reste sans conteste l’un de mes acteurs fétiches (Aaah, “Un singe en hiver”, “Le magnifique”, “Le professionnel”, “L’as des as”…). Ca me fait penser que j’ai encore un autre monument de Godard à regarder, “A bout de souffle”, pierre angulaire de la Nouvelle Vague avec Belmondo en tête d’affiche encore une fois. Mais avant cela, j’essaierai de me réserver une petite séance pour “Prends l’oseille et tire-toi” de Woody Allen. Merci à ma Claire adorée de me permettre de découvrir ce long-métrage. ^_^

Deuxième galette, “100 000 dollars au soleil” d’Henri Verneuil avec Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier. Des acteurs géniaux au service d’un scénario très sympa et de dialogues mythiques de Michel Audiard. Que demande le peuple ?
“Sahara, 1963. Rocco (Belmondo), chauffeur expérimenté, fauche avec sa fiancée Pepa un camion flambant neuf et son mystérieusement chargement, dont la livraison doit rapporter 100 000 $. Son employeur, le douteux Castiglione dit “la betterave”, charge un autre chauffeur, Marec dit “le plouc”, de les rattraper.”
J’avais vu ce film il y a des années et j’en avais gardé un excellent souvenir. En parlant d’Audiard, je ne me lasserais jamais de revoir “Les tontons flingueurs” et “Les barbouzes”… Deux chef d’oeuvres intemporels du cinéma comique français, avec des répliques d’anthologie. A voir de toute urgence si ce n’est pas encore fait ! Je vous ai déjà dit que j’adorais le cinéma ?

2 commentaires »

  1. tinou nous dit :

    27 juillet 2006 à 7:31

    Ahh Belmondo… Pour moi c’est surtout le Professionnel et A bout de Souffle. J’adore cet acteur, mais j’ai la tres nette impression que le grand public l’associe toujours avec les films tres grand public, les polars des eighties… et peu se souviennent des roles avec Godard ou Truffaut .Alors que le monsieur a quand meme joue avec les plus grands…

    Mais ce n’est qu’ une impression…

    Pour Pompoko, que dire si ce n’est qu’il demontre le genie de Takahata a susciter l’emotion a l’etat brut, celle qui fait limite un peu mal, celle qui fait reflechir… Miyazaki gardant celle qui fait rever… Le parrallele entre ces Tanukis joyeux qui jouent de la guitare sous les floconds, et le destin reserve au non Transformistes comme aux Transformistes… Emouvant. Les Tanukis sont faibles et le reconnaissent bien volontiers dans le film, voila ce qui m’a surpris et plu dans le film (et c’est aussi les choses qui font rire, les hamburgers de Mc Do poiur sauver une reunion, etc…).

  2. Arion nous dit :

    31 juillet 2006 à 21:27

    Je partage ton avis sur la perception que le public a de Belmondo. C’est un drame, mais aujourd’hui quand on pense à bébel on pense surtout à toutes les merdes policières qu’il a tournées début des années 80… Occultant 90% de sa carrière, composée de chefs d’oeuvres inoubliables. Pour ma part, j’adore “Le Magnifique”… Cette parodie de James Bond m’a toujours fait hurler de rire et je la conseille à tous. “Le professionnel” m’avait impressionné par son dénouement tragique et superbement amené (et puis Robert Hossein y est terrifiant et impitoyable à souhait ;-) ), sans oublier la musique magnifique d’Ennio Morricone (vous savez, cette partition sublime que le français moyen associe directement de nos jours à “Royal Canin”… What a shame……..). J’aime baucoup le Bébel jeune aussi, plein de bagout et de malice (”Un singe en hiver”, “A bout de souffle”, “Pierrot le fou”, “100 000 $ au soleil”…). Un de mes grands regrets : ne pas avoir eu l’opportunité de le voir jouer sur scène.

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